26 septembre 1969 RTBF Théâtre 140, Avenue Eugène Plasky 140 - Bruxelles (French transcription  by Glennladen).

Marc Moulin: « Vous êtes l'un des Pink Floyd, quel est votre nom ? »

David Gilmour: « David.... David »

Marc Moulin: « Vous jouez de quel instrument ? »

David Gilmour: « Guitare »

Marc Moulin: « Guitare... J'ai remarqué que vous cherchez toujours des... des sons nouveaux, il me semble que vous en avez encore trouvé d'autres depuis la dernière fois que je vous ai entendu. Comment faites vous pour heu... Est ce que vous avez une idée d'un son d'abord, et puis vous essayez de le reproduire, ou bien vous cherchez sur l'instrument ? »

David Gilmour: « J’sais pas, non ça... ça arrive comme ça... D'habitude ça arrive sur la scène quand on joue... pas.... je... je travaille pas sur ça quand on joue pas »

Marc Moulin: « Est-ce que vous travaillez beaucoup, je veux dire, est-ce que vous répétez beaucoup ? Ou bien vous préférez trouver des choses dans le spectacle ? »

David Gilmour: « On répète pas beaucoup, on a la... le commencement et fin de la plupart des chansons sont arrangés, et tout le milieu c'est improvisé alors il y a beaucoup qui est improvisé, la moitié ou plus que la moitié, oui, beaucoup plus que la moitié. Trois-quart de ce qu'on joue c'est improvisé » 

Marc Moulin:  « Vous avez été l'un des premiers groupes qui improvisé je crois dans la pop-music, enfin … »

David Gilmour: « Ben on a toujours improvisé un peu.... toujours improvisé un peu, mais.... c'est... quand on fait absolument sans "frameworks".... je ne sais pas ce que c'est.... sans règle, sans régler on fait exactement c'est ce qu'on veut alors... Je sais pas, c'est plus.... c'est plus libre ».

Marc Moulin: « Est que vous vous intéressez au Jazz, je veux dire est ce que vous êtes influencé par le Jazz dans... dans votre musique ? Non ? pas du tout ? »

David Gilmour: « Non, je ne crois pas. je crois pas moi... La musique classique, plus »

Marc Moulin: « Plus ... Quoi par exemple en musique classique ? »

David Gilmour: « Oh j'aime beaucoup des trucs j'sais pas quoi exactement... il y a ... Ravel, aaaah Beethoven, vous voyez, j'sais pas ... J'écoute beaucoup de ça et de la musique indien... et tous les trucs comme ça »

Marc Moulin: « hmm hmm »

David Gilmour: « J’ai des centaines de disques chez moi. Des 33 tours, vous savez ».

Marc Moulin: « Heu... Il y a une très grande différence quand même malgré tout, entre le disque et le spectacle. Puisque qu'au spectacle vous avez d'abord le "light show"... heu, et puis heu... en plus de ça, il y a aussi une question de volume aussi, je crois que le volume est une chose très importante... Heu... est-ce que vous avez l'impression que, malgré tout, vos disques donnent une bonne idée de ce que vous... vous jouez ? »

David Gilmour: « Noooon... pas du tout... parce que... on regarde les disques.. et jouer sur scène, c'est complètement autre chose. Voyez c'est deux choses différentes, on aime faire les disques, enregistrer, on aime jouer sur une scène, mais ils sont pas du tout la même chose. Quand on enregistre, on... on peut mettre... 30, 40 personnes. Juste les quatre qui jouent, on peut mettre 10 fois chacun, pour ajouter toute les choses qu'on veut, on fait exactement ce qu'on veut. Et si on veut faire ça, on fait ça! Mais on peut pas bien sur, faire ça sur scène parce que nous sommes que quatre. Et on... à quatre on peut jouer à quatre c'est tout, mais sur un disque on jouer à 40 avec quatre gens. Alors c'est très différent, et on .... et c'est ridicule de ne pas faire tout ce qu'on peut faire dans les studios d'enregistrement »

Marc Moulin: « Vous ne pourriez pas utiliser des bandes magnétique pré-enregistrées, enregistrées avant ? Vous l'avez fait je crois un moment donné, non ? »

David Gilmour: « Oui, on l'a fait quelques fois. On va en faire aussi, oui. Mais c'est quand on veut »

Marc Moulin: « C’est pas la même chose, oui »

David Gilmour: « Oui c'est juste... non c'est pas tout c'est juste un peu on... on met une bande de... magnétophone et puis on joue en plus... avec. C'est pas la même chose, c'est juste des sons »

Marc Moulin: « Est-ce que la musique de film vous tente ? Est-ce que vous en avez déjà fait, ou pour les ... ? »

David Gilmour: « Oui, quelques uns. Heu.. on a fait déjà trois films, la musique pour trois films »

Marc Moulin: « Quels étaient ces films ? »

David Gilmour: « Un avec le chanteur Paul Jones, vous connaissez ? »

Marc Moulin: « Ha oui ».

David Gilmour: « Lui on a fait, la musique pour un film de lui qui s'appelle « The Committee » et un autre film qui s'appelle … What was the film called (il s’adresse à Nick) ? » 

Nick Mason: « Let's make love in London » … 

David Gilmour: « Let's make love in London tonight", allons faire l'amour à Londres ce soir. [inintelligible] ....film of course »

Marc Moulin: « C’est encore une chose différente, vous réagissez différemment pour la musique de film que pour les disques, pour les … »

David Gilmour: « Hmmmm, oui. Les musiques de film on n'a pas été tellement intéressé par ce que qu'on faisait. Quand on les a fait, on les a fait très mécaniquement et pas très bon. La musique pour les films c'était pas du tout bien »

Marc Moulin: « Pourquoi ? on vous a pas donné assez de temps pour travailler, ou bien... ? »

David Gilmour: « …pas donné assez de temps, on était pas assez intéressé par ce qu'on faisait. Les films étaient mauvais. Vous voyez ? Et on.... et quand on n'aime pas le film, on peut pas faire le meilleur qu'on peut »


« A Pink Think with the Floyd », University of Regina Carillon Interview, October 1970

Interviewer: « Not necessarily that kind of shit…how long the group has been together, where it started ? »

Pink Floyd: « The group’s been together, where it started back together professionally for three years. The first album is titled “Piper at the Gates of Dawn”, the second album is “Saucerful of Secrets,” third album was “More,” soundtrack to the film of the same name, the fourth album was “Ummagumma,” and the fifth album, which should be out by the end of the week is called “Atom Heart Mother.” The fifth one is interesting as it involves the use of a twenty-piece brass section. Three of them met at architects college, and at that time there was a guitar player called Syd Barrett, who left after the first album, and the group was joined by the present Dave Gilmour » 

Interviewer: « Where are you from ? »

David Gilmour: « I’m from Cambridge, Roger’s from Cambridge, and Nick and Rick are from London. » 

Interviewer: « Where does the group headquarter from ? »

Pink Floyd: « London » 

Interviewer: « How long have you been on tour ? » 

Pink Floyd: « A couple of weeks, two weeks … three weeks … three weeks on Tuesday ». 

Interviewer: « Where did the tour take you ? »

Pink Floyd: « New York, Philadelphia, Seattle, Vancouver, Edmonton, Saskatoon, Regina, and from here to Winnipeg, Salt Lake, San Francisco »

Interviewer: « What kind of things do you try and say through your music ? » 

Pink Floyd: « Keep smiling … Peace … get together … and what … and what … and what … (and what echoed by all present) … I don’t think we actually have specific messages which we intend to broadcast…no, I don’t think so ». 

Interviewer: « How do you find yourselves relating to the political things that are going on? The Revolution, The Alternative Culture ? » 

Pink Floyd: « We related to them the same as anyone else does ? » 

Interviewer: « Well do you feel part of it, or what ? » 

Pink Floyd: « You can’t generalize about it »

Interviewer: « Do you sympathize with the aims ? »  

Nick Mason : « Well, some revolutionaries in this country have been kidnapping British diplomats, and your politicians on the side, and I don’t understand a thing about it, at all, really, but if I was the English diplomat I’d be, well uptight, not to mention possibly dead, and, well I know nothing about that, but my emotional reaction is that I don’t go along with it. »

Interviewer: « So you’d say then that you don’t agree with violence as a means to change something that isn’t right ? » 

Nick Mason : « It’s an impossible question, because if you picked a specific goal … » 

Roger Waters: « Yes, it is an impossible question because somebody could postulate the hypothesis at you, that, if you had been for instance, living in Paris during the German occupation, and some Gestapo man is about to blow your head off, because you were a Jew, and you happened to have a knife in your hand, and you had the chance to stick it in him, would you ? » 

Rick Wright: « Well the question is of survival, isn’t it ? A lot of Americans in Vietnam … »

Nick Mason: « It’s very hard to say you know, we’re not a committed band, we’re not committed to a cause, because no one has stomped on us. But … » 

Roger Waters: « They are stomping on lots of people terribly hard, and I don’t feel, myself, personally, in a position the actions that people take when they’re getting stomped on. Like the people, those guys in Chicago, they were getting pretty heavily stomped on, and they reacted to the whole thing pretty violently, and I was behind them one hundred percent. Because they’d have just sat quietly by and let the whole kind of cracked justice scene take its course, no-one would have taken any notice of it at all, and obviously that whole kind of completely phony judicial set-up has been working in Chicago, for instance, for years and years and years, and nobody’s really taken notice of it, and now because people are reacting violently to it, it’s coming out, they would say anything they were told to “shut up.” »

Interviewer: « Be Careful with that Axe, Eugene formed part of the sound track of Zabriskie Point, which was a film which came down rather hard on American society and, well, did you write that song with the film in mind, or what ? 

Pink Floyd: « We’ve been performing that song for years before Zabriskie Point was ever made, but on the other hand, we were all quite happy to put that piece of music on that particular piece of film because we felt close, emotionally to what the film was saying ». 

Interviewer: « Did you have any contact with Antonini during the film … » 

Pink Floyd: « Constantly. Sixteen hours a day. It was too much »

Interviewer: « Was “Careful with that Axe, Eugene [sic] the only piece of music you did for the film ? »  

Pink Floyd: « We did the whole soundtrack. He only used three pieces. He didn’t like the rest of the stuff. He was afraid of Pink Floyd becoming part of the film, rather than it staying entirely Antonini. So we were quite upset when he used all these other things. I mean if he had used things which we found better…there were only two pieces of music in the film that we did, really, and the other piece of music we did, was like, any other group could have done, really. A direct imitation really of Byrds, Crosby, Still and Nash, or something ». 

Interviewer: « Do you see yourselves as being shaped by any other groups ? » 

Pink Floyd: «No, not really, no one in particular »

Interviewer: « How did you get into the kinds of stuff you’re doing now? Did you just ….? » 

Pink Floyd: « It was all a mistake. Really, there was no plan, we just did what seemed right at the time »

Interviewer: « Are you pretty well rehearsed when you go on stage, or does it sort of just come? 

Pink Floyd: « No, we’re pretty well rehearsed »

Interviewer: « Do you use dope when you’re playing ? » 

Pink Floyd: « Sometimes… usually, but not much » 

Interviewer: « Did any of your music evolve from the use of drugs ? »

Pink Floyd: « No. There is more alcohol consumed than dope before we go on stage. You see, because, when you’re high you can sit on your own, and play for hours and hours and hours, and if you put it on tape – if you come back to it when you are straight and it’s a load of shit. I think what really we do, is that we all like to get that little bit of relaxation from smoking a small amount. For myself, I like a small smoke before I play, it relaxes me »

Interviewer: « Do you usually play with back-up bands when you perform ? » 

Pink Floyd: « No, we avoid back-up bands as much as we can, unless we’re absolutely forced to by circumstance, we don’t » 

Interviewer: « Why ? » 

Pink Floyd: « Because we like to create our own atmosphere. We believe that music isn’t variety, if you see what I mean » 

Interviewer: « Does that mean you wouldn’t play festivals ? » 

Pink Floyd: « Yeah, we do play for festivals, and if there’s some reason why a back-up band is required – like everyone needs for four hours of music, or something, then sure, we’d work with back-up bands. What we are saying is if we have the choice our ideal presentation of our music is a concert hall rather than a cattle shed, or something, somewhere where people can listen and respond directly to the music, with no rubbish going on, sort of, no hot dog sellers, or beads, or people talking which is one of the disadvantages of a lot of places, just that everyone goes there to chat, and mutter, and scrumple papers, and also – if we play on our own we run much less risk of people who are there for some other reasons other than wanting to hear us play. This is the only reason we’re there, is to play »

Interviewer: « Have you ever run into conflict with your record company, where anything you wanted to put across has been repressed »

Pink Floyd: «No, people are always surprised – compared to most people we’ve got a pretty good scene with our record company, cause it’s a very big one in England, the biggest, and people imagine that it means it’s the most straight-laced, but in fact they’re so confused by what we do, and so totally aghast at every move we make that they’ve just given up and they just say “well we don’t know, you do it boys.” Whenever they’ve said this should, or shouldn’t be on, they’ve always been completely wrong, so they’ve just given up. They don’t know any more about what we’re about than we do »

Interviewer: « You said that they don’t understand your music, yeah, well-in “Ummagumma” there’s some things in there that I don’t – like the chick screaming »

Pink Floyd: « The chick screaming is a very beautiful chick, she’s very tall and thin and dresses in black, and she sits and drinks, and smokes cigarettes, and her name is Roger Waters.  « Ummagumma » was the thing that we had the most hassle with our record company about releasing, that was final time when we realized that they didn’t know anything, cause they didn’t believe in Ummagumma they didn’t believe it would sell at all. And they came out and sold better (400,000 to date) far better than anyone thought » 

Interviewer: « Can anyone else think of any questions? What do professional interviewers ask you ? » 

Pink Floyd: « We had a big press conference once, years and years ago, when we were first starting at EMI House, in London, and everybody got drunk, and I think only one piece of copy came out of it, and it had no promotional value whatsoever. It didn’t mention the name of the group, or the record company.The true professionals ask questions they should be able to read off our biography, if we had one. Every interview I’ve ever seen has vanished in, generally, with a very glazed expression that people get when they’ve smoked a lot of dope – like you people’ve got, and their tape recorder breaks ». 

Interviewer: « Have you ever thought of releasing something on the top 40 chart ? » 

Pink Floyd: « If we come up with something we know is going to be a top single, we’ll issue it like a shot, but we’re not very good at it. I mean, we’ve had a few attempts at it, and for the last two years they’ve gone off very badly. »

Interviewer: « Did the group get off the ground, commercially, with the release of Ummagumma ? » 

Pink Floyd: « No, the group originally got off the ground in England with a hit single. And we had one in the States as well. But we came back down. “Saucerful of Secrets” got us up again. Up, down, up »

Interviewer: « What do you think of the Woodstock thing ? » 

Pink Floyd: « Good question – one that all the professionals ask. It’s very good for everyone except for the musicians. Great for the Hell’s Angels, great for all the people that like camping out, great for anyone selling sandwiches and cigarettes, great for people who like to get together with another 200,000 long hairs, dope freaks »

Interviewer: « Well one of the criticisms of festivals is that the price of bringing the group in is so fantastically high that the ticket prices are outrageous »

Pink Floyd: « No – most of that is put about by festival organizers who make up totally, fictional figures that they’ve made. They usually fix their prices first. They know what their gross is liable to be, how many people, etc. then all the groups charge accordingly. [laughter]  No, that’s not true. I guess most of them work out what their figures are and reckon to spend 10% on groups. That’s the sort of margin they’d like to work to. But the groups come on very strong. I mean, I need a lot of money to go through that sort of aggravation that a festival provides. It’s absurd, really, it bears no relation to the performance of music, it’s for people who are built like hickory-logs, or whatever it is that Canadians are built of. It’s for lumberjacks and grizzly bears and people with stamina, but not for people like me. It’s really for creatures of the wild. Three days exposed to volumes of wind and rain. I think they should advertise and say, “this is the greatest experience since the first world war.” You can’t pretend that music has anything to do with it, because the equipment never functions after 12 hours of playing »

Interviewer: « What kind of reception did you get in Saskatoon? [Saskatchewan, Canada] »

Pink Floyd: «They just sat there – we played some good stuff, and the acoustics were brilliant. Calgary and Vancouver were good. Edmonton was really nice »

Interviewer: « Groups playing in Regina have a bad habit of falling on their faces. 800 people came to see the Vanilla Fudge »

Pink Floyd: « It’s too bad, really. The Vanilla Fudge, Blue Cheer, and Grand Funk are really underrated. I think they’re really good »

Interviewer: « Do you have any personal relationships with any other groups ? » 

Pink Floyd: « Yeah, but us, and King Crimson and the Moody Blues all kind of work on the outside, if you know what I mean. »

Interviewer: « In the Ummagumma cut: “Several species of small furry animals gather together in a cave and grooving with a pict – what is the voice thing, and just what exactly was the point of the whole thing ? » 

Roger Waters: « It’s not actually anything, it’s a bit of concrete poetry. Those were sounds that I made, the voice and the hand slapping were all human generated – no musical instruments. »

Interviewer: « Then you were really not out after anything concrete though. You’re just out to get into someone’s head ? » 

Pink Floyd: « And just push him about a bit, nothing deliberate, not a deliberate blow on the nose, just to sort of mess him around a bit ».


« Les Pink Floyd en studio », PopMusic SuperHebdo, April 1972

Mason: « Notre histoire n’a aucune importance ».

Interviewer: « Oui, mais les auditeurs, les lecteurs, tous les fans, votre histoire les intéresse. Ils nous l’ont demandée ».

Mason: « Non, je ne le crois pas. Pourquoi penses-tu que notre histoire a de l’importance ? »

Interviewer: « Dans l’émission, la séquence de l’histoire d’un groupe ou d’un artiste reste la plus populaire »

Mason: « Je ne comprends pas pourquoi. C’est toujours de la même manière que les groupes se forment et commencent à jouer »

Interviewer: « Pourquoi êtes-vous ici ? »

Mason: « Nous enregistrons un nouvel album, la musique du film « La Vallée ». C’est le metteur en scène de « More » qui l’a tourné. Le mois dernier, nous avons composé cette musique ici, et l’avons enregistrée. Maintenant, nous la mixons ».

Interviewer: « Quel est le sujet de ce film ? »

Mason: « C’est l’histoire de types qui cherchent un nouveau paradis en Nouvelle Guinée »

Interviewer: « Quelle sorte de paradis ? »

Mason: « Quelque chose de différent de ce qu’ils connaissent »

Interviewer: « Cette musique constitue donc la matière de votre prochain album ? »

Mason: « Oui, mais il n’a rien à voir avec | l’album annuel que nous sortons depuis nos débuts. Celui-ci sortira en automne et comprendra les nouveaux [ morceaux que nous jouons sur scène ».

Interviewer: « Vous ne jouez plus de morceaux , comme « A Saucerful Of Secrets » »

Mason: « Non, nous les avons abandonnés l’année dernière. « A Saucerful Of Secrets » est comme l’histoire de Pink Floyd. Pour ceux qui l’ont entendu souvent, ce morceau existe toujours. Nous l’avons joué trop longtemps. Nous préférons nous tourner vers l’avenir, jouer de nouveaux morceaux. C’est très dangereux de jouer Iles mêmes disques pendant quatre ans »

Interviewer: « Jouez-vous vos morceaux « non électriques » sur scène ? »

Mason: « Non, ce n’est pas le moment »

Interviewer: « A Lyon, beaucoup de spectateurs n’ont pas aimé votre concert »

Mason: « Nous avons joué une seule fois « Atom Heart Mother » en France. C’était un très mauvais concert ».

Interviewer: « Votre dernier concert, à Paris, s’est déroulé pendant la Fête de l’Humanité ... »

Mason: « Ce n’était pas très bon non plus »

Interviewer: « Personne ne vous a demandé de jouer à Paris ? »

Mason: « Si, mais nous ne trouvons pas de salles. J’espère que nous y jouerons en octobre. Nous allons faire une tournée de 10 jours en France en automne. Nous jouerons à Paris, à Lyon, à Nice et dans d’autres villes » 

Interviewer: « Nous avons lu dans une revue française que vous alliez enregistrer tous vos morceaux en quadriphonie. Est-ce vrai ? ».

Mason: « Non. Mais nous avons l’intention d’enregistrer nos prochains albums en quadriphonie. « Echoes » (du 30cm « Meddle ») est enregistré en quadriphonie. Seulement nous n’avons mixé qu’une moitié de la bande, vu que le disque est stéréophonique. Mais pour lia scène, nous avons une sono quadraphonique ».

Interviewer: « Ici, vous n’enregistrez pas en quadra ? »

Mason: « Non, une console 32 pistes est nécessaire. Au château, la leur n’est pas tout à fait terminée. Aucun studio n’est assez perfectionné pour j nous. Nous avons besoin de 32 pistes. Pour la batterie, par exemple. En stéréo, nous utilisons deux micros, donc deux pistes. En quadraphonie, il i faut quatre pistes. Avec seize, il ne reste plus que 12 pistes. C’est peu pour les autres instruments »

Interviewer: « Quand allez-vous aux Etats-Unis ? »

Mason: « Dans trois semaines ».

Interviewer: « Beaucoup de groupes vont aux Etats-Unis pour gagner de l’argent ... »

Mason: « C’est vrai. Nous aussi, mais nous y allons moins souvent ».

Interviewer: «Combien de chansons en enregistrez-vous ?»

Waters: « Neuf (il compte sur ses doigts). Nous enregistrons de deux heures de l’après-midi à cinq heures du matin »

Interviewer: « Les chansons sont-elles courtes, comme dans « More » ? »

Waters: « Cela dépend, certaines sont longues, d’autres courtes »

Interviewer: « J’aimerais que vous me parliez de votre histoire, à partir du départ de Syd Barrett ? »

Waters: « Nous ne sommes pas intéressés par cette séparation »

Interviewer: « Après, alors ? »

Waters: « Je préfère »

Interviewer: « Pourquoi avez-vous repris de vieux titres pour le disque en public d’« Ummaguma » ? »

Waters: « Sur scène, nous ne jouions pas à l’époque d’autres titres »

Interviewer: « A quel moment avez-vous enregistré « Meddle » ? »

Waters: « De janvier à août 1971 ».

Interviewer: « L’une de vos chansons s’appelle « San Tropez » ... »

Waters: « Nous l’avons écrite là-bas. Nous y avons donné un concert en plein-air »

Interviewer: « Vous ne jouez pas souvent en France ? »

Waters: « Non, mais d’une manière générale nous ne donnons pas beaucoup de concerts, même en Grande-Bretagne. L’année dernière, nous avons fait une tournée, la première depuis deux ans. Elle a duré dix jours. Nous n’aimons pas les longues tournées, C’est trop pénible ».

Interviewer: « Avez-vous l’intention de sortir de nouveaux simples ? »

Waters: « Non, pas pour l’instant. Aucun n’est prévu ».

Interviewer: « Même pas une plage de votre album ? »

Waters: « C’est le problème de notre compagnie discographique. La seule chose que nous ne veuillons pas, c’est qu’on sorte un simple et que la compagnie inclue quelques mois plus tard ce disque dans l’un de nos albums. Cela force les gens à acheter deux fois la même chanson »

Gilmour: « Je suis entré dans le groupe à la fin de l’année 67. Juste après Noël. Ils m’ont téléphoné un jour ».

Interviewer: « Vous les connaissiez déjà ? »

Gilmour: « Le bassiste était un ami de moi, depuis que nous avions quinze ans. Nous avons été dans le meme collège à Cambridge, pendant deux ans.

Interviewer: « Auparavant, vous avez fait partie d’un groupe qui s’est produit dans le Sud de la France ... »

Gilmour: « Ouais. C’était rien d’important»

Interviewer: « Quelle genre de musique jouiez-vous ? » (Quelqu’un intervient: « Du Jimi Hendrix. Je vous avais vu à St-Raphaël »).

Gilmour: « Ce n’est pas tellement intéressant. Je m’amusais bien à cette époque-là.

Interviewer: « Que s’est-il passé entre Syd Barrett et les trois autres ? »

Gilmour: « C’est devenu impossible de travailler avec lui, il est devenu fou »

Interviewer: « Fou cliniquement ? »

Gilmour: « C’est ce que j’ai dit. Je ne sais pas moi, mais ... De toute façon, c’est une personne avec qui on ne peut pas vraiment communiquer. Je trouve que c’est un génie, les autres aussi. Il est impossible de travailler avec lui, dans un orchestre. Pour faire des albums, j’ai... C’était vachement dure chaque fois. J’ai fait une dépression nerveuse presque tous les jours. Je ne sais pas pourquoi je l’ai fait... enfin, si, je sais ... »

Interviewer: « Par amitié ? »

Gilmour: « Non, je n’ai pas d’amitié pour lui. C’était un copain quand j’avais 15 ans, et jusqu’à 19-20 ans. Il n’a pas de copains, pas d’amis. La raison ; pour laquelle j’ai fait ces deux albums avec lui, c’est parce que c’est un génie, et parce que je veux que les gens entendent ses chansons »

Interviewer: « Que fait-il entre les enregistrements, et depuis son départ ? »

Gilmour: « Rien ».

Interviewer: « Il a fait un bœuf avec Twinkle, récemment, dans une université ... »

Gilmour: « Moi, je ne sais pas, mais... je trouve que ces choses avec Twink ne sont pas très bonnes. C’est Twink, qui je pense, a dû aller à Cambridge dans cette université pour jouer avec le génie. Il sait que ça lui fera de la publicité. Syd ne peut pas dire non. Il ne peut pas dire oui non plus. Tous les gens qui ont vu le concert et que je connais m’ont dit que c’était dégueulasse (rappelons que Gilmour parle le français) ».

Interviewer: « S’il vous demandait de produire son prochain album, le feriez-vous ? »

Gilmour: « S’il le veut, je suis d’accord, mais il n’ose pas me le demander ».

Interviewer: « Comment s’est effectué le remplacement ? Vous avez joué à cinq pendant une certaine époque ... »

Gilmour: « Oui, pendant quinze jours... Quand j’ai commencé, je devais y jouer des choses qui ne m’étaient pas naturelles. Je n’ai pas fait d’improvisation pendant les six premiers mois où j’ai joué avec le Floyd. J’avais appris les chansons »

Interviewer: « A partir de quand avez-vous commencé à collaborer réellement y aux enregistrements du groupe ? »

Gilmour: « A partir de « A Saucerful Of Secrets », j’ai donné quelques bonnes idées, mais c’est tout ».

Interviewer: « Syd Barrett a-t-il participé à l’enregistrement de cet album, comme je l’ai lu récemment ? »

Gilmour: « Ah ! non. Pas du tout. On y trouve une seule chanson de Syd. Elle avait été enregistrée avec « Apologises », qui est sortie en novembre 1967. Non, Syd est parti juste avant l’enregistrement de « A Saucerful Of Secrets ».

Interviewer: « Ensuite, vous avez enregistré « More » ... »

Gilmour: « On a mis 6 jours pour l’enregistrer. C’était facile pour moi, j’apprends très vite. Ma présence y est plus sensible ».

Interviewer: « On retrouve une de vos compositions : « Spanish Piece » ».

Gilmour: « Ce n’est rien. Ni un morceau, ni ; Hune chanson. Je ne connais pas un guitariste qui ne sache pas faire des trucs de merde comme cette musique espagnole. Il y a une erreur sur la pochette. C’est moi qui l’ai joué, mais personne ne l’a écrit »

Interviewer: « C’est une improvisation ».

Gilmour: « Si tu veux... non, c’est le plagiat d’une espagnolade. Cela sortait d’un transistor dans le film. C’est pour ça »

Interviewer: « Grâce à « More », vous êtes devenus plus populaires en France et en Grande-Bretagne ... »

Gilmour: « Nous étions plus connus en Angleterre qu’en France. La popularité, en Angleterre, est beaucoup plus « franche ». En France, elle est provoquée très vite et elle peut redescendre aussi vite. je ne crois pas qu’elle soit « vraie » »

Interviewer: « Oui, mais il y a trois ans que le disque est enregistré, et vous avez toujours la même réputation flatteuse ... »

Gilmour: « Je crois que l’Angleterre est plus fidèle. C’est mon avis. Après six mois dans le groupe, les billets de tous nos concerts se sont vendus ».

Interviewer: « Et aux Etats-Unis ? Ce fut plus long, je crois ? »

Gilmour: « En  Amérique, cela n’a pas beaucoup changé depuis deux ou trois ans. Depuis, nos concerts sont tous complets ».

Interviewer: « Au festival d’Amougies, en novembre 1969, vous avez fait un bœuf avec Frank Zappa ? »

Gilmour: « Bouf ! ... Il a joué une chanson avec nous parce qu’il était employé -‘par les organisateurs. Il devait jouer un morceau avec chaque orchestre ».

Interviewer: « Quel morceau avez-vous interprété ? »

Gilmour: « « Interstellar Overdrive ». Il a joué au moment de l’improvisation sur un accord pendant 20 minutes ».

Interviewer: « Deux films ont été tournés au cours de ce festival, et vous les avez interdits. Pourquoi ? »

Gilmour: « On n’aimait pas le son. Avant le ^festival, on a dit aux gens que s’ils faisaient un bon enregistrement, et nous le mixage, ce serait d’accord. On a vu le film, c’était pas mal. Mais on a entendu la musique. Ça faisait « Bzzz... » tout le temps. Ils ont mis un seul micro devant l’ampli des voix. »

Interviewer: « Quel en est le dénouement ? »

Gilmour: « Je ne sais pas. Ils ont dû arrêter de passer notre séquence et notre musique. Pour nous, il faut un minimum de huit pistes ».

Interviewer: « Combien de pistes avez-vous utilisées pour le disque en public d’« Ummagumma » ? »

Gilmour: « Quatre pistes. »

Interviewer: « Le son est bon ».

Gilmour: « Pas tellement ».

Interviewer: « Certains ont dit que les morceaux d’« Ummagumma » enregistrés en public étaient meilleurs que les originaux ».

Gilmour: « Je ne crois pas ».

Interviewer: « Avec « Meddle », il semble que vous soyez revenus au style d’« Ummagumma » que vous aviez abandonné avec « Atom Heart Mother » ... »

Gilmour: « Nous n’avons pas de véritable direction. On fait une chose, et puis une autre. Cela ne se suit pas. On joue ce qu’on veut jouer, ce qu’on aime jouer. « Atom Heart Mother » n’est qu’un morceau ».

Interviewer: « La dernière fois que vous avez joué à Paris, c’était au cours de la Fête de l’Humanité, en septembre 1970 ... »

Gilmour: « Oui, un concert comme nous en avons connu des milliers. Je me rappelle qu’il y avait les Voices of East Harlem, et deux chanteurs français ».

Interviewer: « Marcel Amont (sic !) et Michel Polnareff. Vous aimez ce que fait Michel ? »

Gilmour: « Hum, pas trop. Jacques Dutronc, c’est pas mal. Il fait quelque chose d’original en français. Le pire, en France, ce sont les gens qui font des choses en français en France sont au moins dans le vrai ... Moi, ça ne me fait pas grand-chose, car je ne comprends pas assez bien pour que cela me touche ».

Interviewer: « Pouvez-vous me parler du film dont vous avez enregistré la musique ? »

Gilmour: « Demandez au metteur en scène »

Interviewer: « Vous l’avez vu, pourtant »

Gilmour: « Oui, mais je ne veux pas parler de ça ».

Interviewer: « Il ne vous intéresse pas, ce film ? »

Gilmour: « Je ne suis pas critique de cinéma ».

Interviewer: « Pourtant, vous pouvez me dire si cela vous a plu ou non ? »

Gilmour: « Ça m’a amusé »

Interviewer: « Vous avez fait d’autres musiques de films : « The Committee », « Zabriskie Point », par exemple ».

Gilmour: « On a vu « Committee » quelque part en Angleterre. La musique ne représentait pas grand chose. Pour « Zabriskie Point », on a enregistré 20 morceaux et, dans le film, il n’y en a que trois ».

Interviewer: « Que sont devenus les autres ? »

Gilmour: « J’ai des bandes chez moi »

Interviewer: « Je trouve que le final de Zabriskie Point : « Come In Number 51, Your Time Is Up » ressemble beaucoup, peut-être à cause du cri, à « Careful With That Axe, Eugene » »

Gilmour: « Ah ! Oui, c’est vrai. C’est presque le même morceau, légèrement différent à cause de problèmes de fric »

Interviewer: « Qu’est-il arrivé au Rainbow de Londres qui vient de fermer ? »

Gilmour: « Il y a eu beaucoup de problèmes, parce qu’ils ont dépensé trop de fric, il y. avait trop de gens qui travaillaient là. Cette fermeture n’a rien à voir avec le prix demandé par les orchestres. Pour la sono et la lumière, ils ont payé au moins 25 000 livres, et c’était de la merde. La nôtre valait cent fois mieux, et nous a coûté moins de 10 000 livres. Les meulières étaient ridicules. Ils avaient 65 techniciens au lieu d’une quinzaine. Ce sont de vrais idiots qui s’en sont occupés. L’idée était quand même bonne »

Interviewer: « Un autre problème secoue actuellement l’Angleterre. C’est la loi interdisant toutes les manifestations de plus de 1 000 personnes après minuit. Cette loi supprime aussi les festivals ... »

Gilmour: « C’est de la merde. Nous allons casser cette loi. Nous sommes contre si elle passe, on fera quand même des festivals avec 2 000 personnes ».


« Pink Floyd: intervista a Los Angeles » published on Ciao 2001, 25 May 1975.

Interviewer: « The Dark Side Of The Moon sales hare exceeded, and are still exceeding incredible figures. Were you ready for this, and do you know the reason for this terrific success ? »

Mason: « No, at the outset I didn't expect this. Looking at it now, there are two particular reasons for its success. First of all the album went out at a particularly right moment. The album has some well composed songs, that go together well in a situation that can be described as conceptual, even if that isn't the case. The second reason for the success of the album is that when it became such a success, people bought it because of that. When people buy about six albums a year, Dark Side is one of them because for different reasons, one of them for example is to test a new hi - fi »

Interviewer: « Dark Side was recorded over two years ago, and during those years you spent a lot of months in the studio without making a new product.  Is it hard for you to propose a follow up after such a phenomenal record ? »

Mason: « No, we haven't made a new record because Dark Side is still selling a lot,so EMI isn't pressing for a new product. Finally we have worked with ease, stopping ourselves on some things and excluding some pieces, which we would record if we were under pressure. But now we have the right material and we have recorded it, the album will be ready in June »

Interviewer: « You have recorded the first part of what is your present live show set, haven't you ? »

Mason: « Yes, a part. The third piece will be on the album. (Shine On …) »

Interviewer: « Could you tell me the title of the piece about Syd Barrett ? »

Mason: « We havent got the titles yet, they are only temporary names at the moment »

Interviewer: « How much, in the piece is about Syd ? » 

Mason: « Roger has written the piece, and maybe he could tell you something better, but he doesn’t want to speak with journalists (laughing) Well, at the start it was entirely about Syd, but since that time it has changed, in that points which want to describe in general what happened to Syd. the way people liked the way his madness occurred, hie voluntary isolation, its a sad piece, and a deep moan »

Interviewer: « At one time the Floyd didn't want to talk about Syd, when now you are making a song dedicated to him, why ? »

Mason: « Perhaps because now we can do it. Syd was indeed without doubt the instigator of the first Floyd. At the beginning he wrote almost all of the songs, he was the creative fulcrum of the group and the Pink Floyd to Syd meant Interstellar Rock music. But the public dont accept the change, and I think that Dark Side has proved that the Floyd aren't Interstellar Rock music and that they haven't been for years, and now that a lot of things hove been explained, we think that we can do a piece dedicated to Syd without any fear of incomprehension »

Interviewer: « There are some songs on Dark Side which are regularly programmed in discothèques which, not a long time ago, weren't exactly right for Pink Floyd. Does this worry you ? »

Mason: « No, I am as glad as I am when mothers end fathers buy our records- Logically we dont play music for that reason, but for ourselves. Perhaps for this reason we spend a long time to record, because it is hard to satisfy our -selves. For the public this is the same thing, and perhaps we have found the right relationship. In many countries Money has been issued as a 7" because of its length as a single and because it is a rock and roll number, but we didn't record it to be a 7’’ ».

Interviewer: « Talking about this evenings show, there is something that has struck me, the contrast between the first and the second part of the show, and the terrific visual show at the back of you. Have you ever thought about dressing for the show ? I think that you are the only band in the world that doesn’t have stage dress »

Mason: « This is because we are convinced that to dress for a show cant help the music we perform. While the images and the lights help you to perceive the music, the public see the images on the screen, and haven’t the time to divert themselves, we almost force them to share what we are doing »

Interviewer: « Who is responsible for the wonderful film scenes ? »

Mason: « Peter Medoc, who is a cinematic producer, this is the third film that we use, some is in the preceding two films, the rest is Peters creation. We are very satisfied with his work »

Interviewer: « Last question, Steve, your manager, said to me that you haven’t talked to the press during all your tour. Why ? And why have you allowed me to interview you ? »

Mason: « There aren’t a lot of honest journalists. They often arrive with questions ready to quash your work, and I can’t accept that, because my work is for the public, not for journalists. I can't get anything interesting from an interview. I've allowed you to interview me because I’m in a particular mood. I know you, we have spent many wonderful days in Italy thanks to you and the Italian concerts (Brescia 19.6.71 and Rome 20.6.71) gave us a lot of faith in you, if you reflect it was the beginning of our second successful period, and a good beginning to leave with good memories. For the sake of old time 7 maybe this is the reason, and besides Ciao 2001 seems to be an honest and great magazine »


« Welcome Pink Floyd », France-Soir, 23 February 1977.

Interviewer: « Avez-vous une formation musicale ? »

David Gilmour: « Non. Personne du groupe. Quand j’ai eu une guitare dans la main, j’ai appris à la faire marcher ».

Interviewer: « A quel âge ? »

David Gilmour: « A quinze ans. Nous nous sommes rencontrés avec les autres du groupe il y a dix ans ».

Interviewer: « Et qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été musicien ? »

David Gilmour: « Je n’ai jamais pensé â quoi que ce soit d’autre. J’ai été à l’école, au lycée, je n’envisageais aucun métier, et puis j’ai quitté les études et j’ai joué. C’est tout »

Interviewer: « Les Pink Floyd se droguent-ils ? »

David Gilmour: « La drogue, c’est dans la monde. La pénicilline, ça existe. L’aspirine, ça existe. La drogue aussi, ça existe ».

Interviewer: « Avez-vous un sport favori ? »

David Gilmour: « Le rugby, j’étais dans l'équipe de mon école. Le football, parfois nous faisons des matches avec les participants de la tournée. Le squash (sorte de pelote- non basque) ».

Interviewer: « Aimez-vous la cuisine française ? »

David Gilmour : « Ah oui ! J’aime tout. D’ailleurs je suis bon cuisinier »

Interviewer:  « Les animaux, vous les aimez autant dans la vie que dans vos disques ? »

David Gilmour: « J’ai des chats et des chiens, chez moi, à la campagne (David habite à 50 kilomètres de Londres, une grande maison avec sa femme Ginger, qu’il a épousée il y a trois ans, et leur fillo Alice, dix mois. Toute la famille le rejoint à Paris) »

Interviewer: « Quels films aimez-vous ? »

David Gilmour: « Les bons. »

Interviewer: « C’est-à-dire ? »

David Gilmour: « Les bons dans n’importe quel genre, les bons westerns, les bons policiers. Même à la rigueur, une bonne comédie musicale. »

Interviewer: « Avez-vous le trac avant d’entrer en scène ? »

David Gilmour: « Pas souvent. »

Interviewer: « Croyez-vous aux extraterrestres qui ont parfois inspiré votre musique ? »

David Gilmour: « Oui. C’est impensable de ne pas croire à autre chose, quelque part, qui viendra un jour, qui est déjà là autour de nous ... impensable »

Interviewer: « Que pensez-vous de la jeunesse actuelle ? »

David Gilmour: « Elle est bien. Elle est comme nous il y a dix ans. Et vous verrez, dans dix ans, Ils seront aussi bons que nous ».


« Roger Waters interviewed by Jean-François Hebey for RTL radio », 22 February 1977.

Jean-François Hebey: « C’est pas un truc qui parait un peu bizarre, peut-être même choquant, gênant, le fait que au temps de l’UFO (UK club) vous étiez ce qui se faisait de plus underground dans le genre groupe underground, et maintenant le Pink Floyd est l’un des groupes les plus connus, les plus successful comme on dit en anglais, qui a le plus de succès au niveau commercial ? Ca ne vous est pas inconfortable cette attitude d’être passé d’un extrême à l’autre, les moins connus, les plus connus, les moins riches, les plus riches, les moins célèbres, les plus célèbres ? »

Roger Waters: « Ce n’était jamais notre intention d’être un groupe underground. On nous a forcé, on nous a collé cette étiquette. Certains groupes sont adoptés par certains publics, on peut donc coller n’importe quelle étiquette qu’on veut. Nous, nous étions underground. Mais quand le mot underground était à la mode, on était comme tous les autres groupes, on travaillait et on tachait de faire de notre mieux »

Jean-François Hebey: « Un truc assez drôle, à la même époque à peu prêt, il y avait beaucoup de groupes en Angleterre, et il y en avait un avec qui vous avez souvent partagé l’affiche, c’était Soft Machine, avec Robert Wyatt, Mike Ratledge notamment. Et eux, ils ont fait des disques absolument formidables, ils ont eu beaucoup de succès aussi, mais ils ont fait exactement le contraire de vous. Vous, vous être toujours ensemble, vous faites toujours des disques, et ça marche formidablement bien. Eux ne sont plus ensembles, ne font plus de disques ensembles, le groupe n’existe pour ainsi dire plus, même si le nom Soft Machine existe toujours il n’y a plus aucun membre original dans le groupe. C’est bizarre comme différenciation. Comment est-ce que tu expliques ça ? Ca vient du fait que vous aviez un meilleur manager ? »

Roger Waters: « Non, ce n’est sûrement pas cela. C’est parce que le public nous apprécie plus, je crois que c’est aussi simple que ça. Vous avez utilisé plusieurs fois ce mot, succès. Je crois que finalement le succès ça veut dire qui vous aime, et combien ils sont prêt à payer pour vous voir. Il est possible que dans un autre domaine Soft Machine nous égale et ont beaucoup plus de succès que nous. Eux ils font des recherches que nous on ne peut pas faire. ?, Mike Ratledge sont allés très loin dans les recherches. Au point de vue technique par exemple une chanson en 4/4 nous on le fait très bien mais eux ils font en 13/8. 13/8 je ne le fais pas parce que je ne sais même pas ce que ça veut dire ! Donc le succès qui vous intéresse vous qui travaillez à la radio, c’est le succès qui dit « nous vendons des disques, et nous vendons des billets de concerts », parce que cela produit l’argent et les applaudissements. L’argent c’est le symbole de l’amour dans cette société, et c’est important »

Jean-François Hebey: « Il y a des mots qui sont revenus souvent, de manière assez étonnante, assez drôle dans la conversation depuis le début, ce sont les mots succès et argent. Et indéniablement ces deux mots sont liés à la carrière de Pink Floyd, en France en tout cas. Est-ce que tu as la moindre idée du nombre de disques que vous vendez en France ? »

Roger Waters: « Non pas vraiment, mais je sais que c’est pas mal ».

Jean-François Hebey: « Est-ce que l’argent c’est quelque chose d’important pour toi, pour le groupe en général. Est-ce qu’il t’ai déjà arrivé de décrocher ton téléphone, d’appeler le bureau du Pink Floyd, et de dire « bon alors on a fait combien, on a gagné combien aujourd’hui, à tel endroit ? » Quel genre de relation as-tu, ou avez-vous avec l’argent en général ? »

Roger Waters: « Mon attitude est schizophrénique. L’argent ne m’est pas indifférent, mais il m’importe de connaître sa valeur »

Jean-François Hebey: « Qu’est ce que ça représente pour toi ? »

Roger Waters: « Cela veut dire … »

Jean-François Hebey: « Bon on va faire une petite expérience que je fais souvent dans les interviews comme ça. Tu vas partir d’ici quelques instants pour jouer, pour aller au concert. Tu es habillé dans ta tenue de scène je suppose. Tu as combien sur toi ? Tu as combien d’argent dans ta poche ? »

Roger Waters: « A peu prêt £ 20 »

Jean-François Hebey: « A ton avis, £20 c’est beaucoup d’argent ou c’est peu d’argent ? »

Roger Waters: « (Rires) C’est relatif, n’est ce pas ? Oui c’est beaucoup d’argent, et non ce n’est pas beaucoup d’argent. C’est relatif, comme tu sais »

Jean-François Hebey: « Pour toi, Roger Waters, quand tu te regardes dans la glace, est-ce que tu te dis « je suis une superstar » ? »

Roger Waters: « Non, pas du tout. Je crois que si une étiquette telle que superstar veut dire quelque chose, nous sommes plutôt un super groupe. Super groupe ça veut dire les groupes qui gagnent le plus d’argent. Si par exemple on fait une liste des 25 plus grands groupes, ce sont des groupes qui gagnent le plus d’argent, ce sont donc des super groupes ! Ils gagnent beaucoup d’argent pour eux-mêmes et pour leur entourage. Mais une superstar c’est quelqu’un qui aime être en représentation tout le temps devant tout le monde. Pour eux-mêmes, pas pour quelqu’un d’autre. Et moi ce n’est pas mon cas »

Jean-François Hebey: « Il y a un truc qui est intéressant, c’est que Pink Floyd est arrivé à une époque où les choses bougeaient, c’est le moins qu’on puisse dire, en ’66, ’67, ’68 … »

Roger Waters: « Non je crois que nous avons eu la chance d’arriver à un moment où le monde, le pays, était en pleine expansion économique. Non en fait en ’68 quand le groupe a commencé a être connu, il y avait une notion qui était complètement nouvelle, c’est la notion de groupe, et non pas d’un chanteur accompagné par un orchestre. La c’est un groupe, des gens qui vivaient ensemble, qui travaillaient ensemble, qui étaient ensemble toute la journée. Il y avait la notion de band, de gang, de groupe, puisque c’est comme cela que ça s’est appelé, et vous avez parfaitement perpétué la tradition. C'est-à-dire qu’aujourd’hui on dit toujours le Pink Floyd, mais je crois que si on demandait à des gens qui se sont précipités pour acheter des tickets pour Pink Floyd « quel est le nom des 4 membres de Pink Floyd ? » il y en a très peu qui pourraient en donner plus de 2 ou 3 par exemple. Keith Richard ou Mick Jagger ne peuvent pas aller dans la rue s’acheter un pantalon, alors que Roger Waters, Nick Mason, David Gilmour peuvent très bien aller à Londres faire leur marché, ça n’inquiétera personne, sauf 2 ou 3 qui les arrêteront pour demander un autographe. Mais il n’y aura pas d’émeutes, alors que Mick Jagger lui ne pourra jamais. C’est quand même assez bizarre cette notion de groupe que vous vous avez su garder.

Il pouvait le faire s’il voulait, mais Mick Jagger vend le fait qu’il ne peut pas marcher dans la rue. Et le public achète ça. Il ne chante pas très bien mais il vend ça »

Jean-François Hebey: « Au début vos premiers fans c’était plutôt des intellectuels, des étudiants. Ca continue d’ailleurs, il y a toujours une ambiguïté justement entre le fait que vous soyez très populaire mais qu’il y ai peut être une escroquerie. C'est-à-dire que vous fassiez croire aux gens qu’ils sont très intelligents en écoutant votre musique, chose qu’ils ne sont pas toujours obligatoirement. C’est pas inconfortable la aussi cette position de groupe intellectuel reconnu dans le monde entier, estampillé qualité rock n roll intellectuel ? »

Roger Waters: « Ce que j’essaye de faire avec ma vie, c’est de satisfaire mes besoins personnels et mes besoins psychiques. C’est important pour moi. Et je les satisfais de plusieurs façons, par exemple avec ma famille ou avec mon travail. 

Mon travail est important, mais c’est juste une petite partie. Et qu’est ce que je fais dans mon travail, qu’est ce que j’essaye de faire, c’est d’exprimer ce que je vois ou ce que je ressens autour de moi, comme tous les artistes je crois »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu te considères comme un artiste ? »

Roger Waters: « Oui, je me considère comme un artiste. C’est comme ça que je me diffère d’autres personnes qui font du rock n roll. Eux ça ne les intéresse pas d’exprimer leurs sentiments sur telle ou telle chose »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu a d’autres activités artistiques ? Est-ce que tu peins, est-ce que tu dessines ? »

Roger Waters: « Oui je dessine, je dessine mon enfant et ma femme »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu te sens un bon père de famille, un « papa gâteau » ? »

Roger Waters: « Eh bien ma famille est très jeune, j’ai un enfant et il a 3 mois »

Jean-François Hebey: « Tu l’emmènes en tournée avec toi ? Il est là ? »

Roger Waters: « Non non, je ne l’amène pas aux spectacles. Pour quelqu’un de son age, tout le bruit ça ne lui fera pas de bien. Il a d’autres choses à faire, comme « quand est-ce qu’ils vont me donner à manger ? J’ai faim ». (Rires) »

Jean-François Hebey: « Qui a eu l’idée du titre et de la pochette de votre dernier album, « Animals » ? »

Roger Waters: « L’idée est de moi »

Jean-François Hebey: « Avant toute chose on va peut être rappeler, parce qu’il y a encore des gens qui ne savent pas ce qu’est la couverture du dernier album de Pink Floyd. Est-ce que tu peux nous rappeler ce que représente la couverture ? »

Roger Waters: « La pochette extérieure est une photo de la centrale d’énergie de Battersea, avec un grand cochon rempli d’hélium qui flotte. Au début je voulais 4 ou 5 ou 6 cochons qui volaient, mais finalement c’était trop dur, on n’avait pas le temps et on a eu des problèmes techniques. Et puis ce n’était pas très facile de faire un ballon comme ça, donc on n’en a fait qu’un »

Jean-François Hebey: « Pourquoi « Animals » ? »

Roger Waters: « Parce que c’est un album qui parle des instincts bestiaux des hommes, tout simplement. Je crois que c’est cela finalement. C'est-à-dire les affinités avec certains animaux. Les cochons, les chiens, les moutons qui font parties du disque sont des symboles des caractéristiques des hommes »

Jean-François Hebey: « Est-ce que vous êtes intéressés par les drogues, l’alcool, les groupies. Tout le coté habituel et rigolo du rock n roll et des tournées »

Roger Waters: « Ah je ne peux pas parler pour les autres, mais moi par exemple je [inintelligible] »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu payes tes impôts en Angleterre, comme les ¾ des groupes ? Est-ce que tu as l’intention de rester en Angleterre ? »

Roger Waters: « Honnêtement on avait discuté de cela à un moment donné. Alors j’ai parlé de ça avec ma femme. Elle voulait retourner aux US, elle est anglaise mais elle a beaucoup d’amis aux US. Mais une fois que l’enfant est arrivé on s’est dit, « oh merde on va rester là ». Et puis finalement ça m’arrange, je suis beaucoup plus content maintenant que je sais que je vais rester ici »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu lis les journaux tous les jours ? »

Roger Waters: « Non. Chaque semaine je lis tel ou tel article, parce que j’aime bien l’auteur, mais je ne lis pas régulièrement. J’achète le journal tous les jours, et si quelque chose m’intéresse je le lis »

Jean-François Hebey: « Est-ce que la politique t’intéresse ? »

Roger Waters: « Non pas vraiment » 

Jean-François Hebey: « Je ne sais pas si tu sais, mais en Californie les ¾ des groupes ont joué pour Jerry Brown quand il était candidat à la présidence des Etats-Unis. Est-ce que tu crois que vous auriez dû faire ça ? »

Roger Waters: « Non je ne crois pas. Pas de politique américaine. Laissons cela aux américains »

Jean-François Hebey: « Et en Angleterre, ça te dirait quelque chose de faire un grand concert pour le come back d’Harold Wilson ? »

Roger Waters: « Sûrement pas. Mais je ne dirais pas non si un jour en Angleterre il y avait un mouvement politique qui m’intéresse. Si j’avais une affinité pour un mouvement je les aiderais. Mais j’ai l’impression que, en politique comme dans le rock n roll, la plupart des gens qui font ce métier la ont la tête bousillée. Et ceux qui sont le plus fous, ce sont eux qui sont à la tête de ces mouvements »

Jean-François Hebey: « Quel age as-tu ? »

Roger Waters: « 33 ans »

Jean-François Hebey: « Tu trouves ça vieux ? »

Roger Waters: « Non. Et toi ? »

Jean-François Hebey: « Non, moi j’ai 32 ans, mais de temps en temps je me pose des questions »

Jean-François Hebey: « Comment tu t’imagines dans 10 ans, à 43 ans ? Tu te vois toujours en train de jouer de la basse, de la guitare, de chanter dans Pink Floyd ? »

Roger Waters: « Il se peut bien que, quand je serais un peu plus âgé, j’écrirais toujours mes chansons, et je jouerais toujours de la basse dans un groupe. Je ne crois pas que l’age a quelque chose à voir là dedans. Il ne faut pas se dire « il faut avoir moins de 30 ans, de 45, de 60 », ça ne veut rien dire. Les gens ont une tendance à dire « 33 ans, il est vieux », mais je crois que les gens dans leur tête se disent que le rock est quelque chose d’infantile, que c’est une musique de jeunes. Mais ce n’est pas vrai, il y a beaucoup de travail derrière cette musique. Par exemple Bob Dylan, tu te rends compte de ce que ce type a fait pour le rock depuis des années ? Il y a des personnes à 42, 43 ans, qui produisent des disques, qui font un travail très solide. Alors j’espère faire pareil dans quelques années »

Jean-François Hebey: « Est-ce que tu as l’impression d’avoir donné au rock & roll les meilleures années de ta vie ? »

Roger Waters: « Non je ne pense pas. Je suis content de ma vie »

Jean-François Hebey: « En plus si je ne me trompe, le rock & roll ce n’est pas toute ta vie, c’est seulement une partie de ta vie »

Roger Waters: « Non pas du tout. Disons que écrire des chansons, être dans un groupe, jouer de la musique, ça fait partie de ma vie, c’est ma façon de vivre. Et j’ai toujours eu un besoin énorme d’être applaudi par autant de personnes que possible. Le but de faire un concert c’est d’être applaudi par beaucoup de monde. Je crois que c’est pour ça que les personnes jouent dans des groupes, pour se faire applaudir et congratuler »

Jean-François Hebey: « En fait ce que tu veux c’est être nourri, rempli, d’amour et de respect ?

Roger Waters: « Oui. Peut-être que je dis n’importe quoi, mais je crois personnellement que les gens comme moi ont besoin de tout ce public, et c’est pour cela qu’ils font ce travail difficile et dangereux »

Jean-François Hebey: « Ce qui est pire que tout, c’est que le rock n roll a besoin du succès. Sans succès, pas de rock n roll »

Roger Waters: « J’ai écris sur ce thème parfois. Pas sur « Animals », mais sur « Wish You Were Here » j’en ai écris des chansons là-dessus ».

Jean-François Hebey: « Avant qu’on ne se quitte, tu ne veux pas essayer de dire quelque chose en français ? »

Roger Waters: « Non je ne peux pas, « Je ne peux pas » (en Français) »

Jean-François Hebey: « Merci encore, et à bientôt »


« Atom-Hühe and Nurejev », Pop Magazine, February 1977.

Interviewer: « Die Pink Floyd spielen eine sehr eigenwillige Musik -verbindet Ihr diese Interpretation mit einem bestimmten Anliegen ? »

Roger Waters: « Wir versuchen, unsere Musik so interessant wie möglich zu gestalten, damit man uns zuhört. Eine besondere Botschaft übermitteln wir dabei nicht ».

Interviewer: « Es gibt aber doch genug, was einer Verbesserung bedarf und zu kritisieren wäre! ? »

Roger Waters: « Als ich älter wurde, spürte ich immer mehr, wie belanglos es doch eigentlich ist, Unkonstruktives zu tun. Zur Zeit vergeuden die meisten Menschen ihr Leben mit wertlosen Tätigkeiten. Beispielsweise, wenn jemand zehn Stunden täglich in einer Fabrik arbeitet und Autos herstellt, nur des Geldes wegen. Das ist verlorene Zeit. Die Arbeitskraft sollte angewendet werden, um das Leben wirklich zu verbessern -nicht nur wegen des Profites die Basis des Lebens - übrigens nicht nur im Westen, sondern auch im Osten - muss deshalb geändert werden »

Interviewer: « Aber das Hauptmotiv ist heute eben der Gewinn. Alle wissen es, aber niemand unternimmt etwas dagegen. Die Macht liegt ja in den Händen der Profitmacher! »

Roger Waters: « Das will ich versuchen zu ändern. Ich identifiziere mich dabei nicht mit Sowjetrussland, China oder anderen kommunistischen Staaten. Denn diese haben sich zwar vom kapitalistischen System getrennt, aber nicht von dem Zwang gelöst, gegen den ich mich wende. Auch in den Staaten mit kommunistischer Ideologie kann man nicht tun, was man will. Dabei ist doch wohl das Wichtigste, dass jeder Mensch in seinem Leben die Chance bekommt, seine Persönlichkeit frei zu entfalten. Ich habe nichts gegen Fabriken - einigen Leuten macht es sicher Spass, Autos herzustellen. Aber im Moment müssendie meisten ohne richtiges Verständnis arbeiten und vertun so ihr Leben nur aus finanziellen Grinden. Das ist das Schlechte am kapitalistischen System »

Interviewer: « Du setzt Dich dafür ein, dass jeder tun und lassen kann, was er will. Du bist für «das richtige Verständnis» bei der Arbeit. Was ist aber, wenn jemand seine Talente nicht erfolgreich anwenden kann ? »

Roger Waters: « Damit stecken wir wieder mitten im kapitalistischen System. Wenn du also von Erfolglosigkeit sprichst, so meinst du Erfolglosigkeit nach den Maßstäben des Kapitalismus! Wenn jemand zum Beispiel auf einen Berg klettert und dort die frische Luft geniesst, dann ist er für sich bestimmt erfolgreich und glücklich. Ich würde mich nicht damit zufrieden geben, weil ich mehr Energie besitze und andere Sachen machen möchte. Aber manchen genügt es sicher schon, auf einem Berg frische Luft zu inhalieren »

Interviewer: « Glaubt Ihr, dass man mit Musik und Text Veränderungen bewirken kann ? »

Nick Mason: « Nein - es wäre falsch, das zu versuchen. Auf diese Weise kann man niemanden umkrempeln ».

Roger Waters: « Eine Revolution ist nicht der richtige Weg. Ich glaube nicht, dass man mit Gewalt etwas Dauerhaftes erreichen kann »

Interviewer: « Was können Eurer Meinung nach Drogen in dieser Beziehung bewirken? »

Roger Waters: « Mit Rauschmitteln ist kaum mehr Verständnis und Harmonie zu schaffen. Durch LSD wird unsere Lage nicht besser ».

Interviewer: « Wie entstehen die typischen, oft sehr komplizierten Pink-Floyd-Stücke ? »

Nick Mason: « Wir haben meist die besten Ergebnisse, wenn wir alle Zusammenarbeiten. Natürlich achten wir dabei die persönliche Freiheit. Auf der Studioseite von «Ummagumma» sind beispielsweise Stücke von jedem einzelnen von uns. Aber auf unserer neuen LP « Atom Heart Mother» haben wir wieder an allen Nummern gemeinsam gearbeitet, und ich halte diese Stücke für die gelungensten, die wir je geschrieben haben. pop: Hat Eure Musik teilweise religiöse Hintergründe? »

David Gilmour: « Unsere Musik ist nicht direkt von einer Religion beeinflusst. Allerdings stammen einige Texte aus dem Chinesischen - aus der Poesie der späten Tang-Zeit. pop: Habt Ihr schon aus rein finanziellen Gründen Eure Einwilligung zu «Projekten» gegeben, die Euch sonst nicht so Zusagen ? »

Rick Wright: « Eigentlich machen wir nur das, was uns auch gefällt. Wenn wir dafür auch noch Geld bekommen, so ist das sehr erfreulich. Wir tun also nichts nur des Geldes wegen. Wir würden zum Beispiel aus politischen Gründen nie in Südamerika spielen -ganz gleich, was man uns dafür bieten würde.

David Gilmour: « Allerdings geben wir manchmal zu viele Konzerte. Aberdas liegt an unserem Manager »

Interviewer: « Was gibt es in den nächsten Monaten neues bei Pink Floyd ? »

Roger Waters: « Wir wollen in London ein Theaterstück starten, womit wir dann auf Tournee gehen. Die Aufführung hat nichts gemeinsam mit der Rock-Oper «Tommy» von den Who, Bei welcher eben nur diese Gruppe auf der Bühne steht und singt. Wir wollen bei unserem Stück nicht nur Musik machen - es werden Schauspieler dabeisein und alles, was sonst zu einem Theaterstück gehört. Ausserdem komponieren wir die Musik für ein Ballett, das im Juni dieses Jahres in Paris unter Mitwirkung von Rudolf Nurejew uraufgeführt wird. Natürlich bestreiten wir dabei auch gleich selber den musikalischen Rahmen ».


« Ein star rechnet mit seinen lehren ab! », Bravo, 19 February 1981.

Interviewer: « Roger, du bist der Schöpfer von « The Wall ». Stimmt es daß du deine eigenen Jugenderlebnisse ver arbeitet hast ? »

Roger Waters: « Zum Teil Es ist die Ge schichte eines Jungen aus meiner Generation Vieles davon habe ich selbst erlebt. Der Junge verliert seinen Vater im Krieg, wird durch seine überbesorgte Mutter, die Schule und die Lehrer so von sich selbst entfremdet und in die Isolation getrieben, daß er schließlich als Rock-Sänger das Publikum mit faschistischen Parolen aufhetzt Beim Song … « The Trial » rechnet sein Ge wissen mit seinem bisherigen Lebensweg ab, und er beschließt, seine Isolation zu überwinden »

Interviewer: « Hast du tatsächlich unter so bösen Lehrern leiden müssen, daß du den Pauker als Horror-Puppe in der Show darstellen mußtest ? »

Roger Waters: « Ich will nicht alle Lehrer pauschal schlechtmachen, aber an meiner Schule gab es ein paar grausame Burschen, die die Kinder sehr schlecht behandelten Ihre Methode war, die Leute immer nur fertigzumachen, zu stumpfsinniger Disziplin zu zwingen, anstatt sie zu etwas zu er muntern »

Interviewer: « Welche Bedeutung hat die g Riesenhornisse, die bei Young Lust auftaucht ? »

Roger Waters: « Sie symbolisiert eine Dirne von der viele Jungs wahrend einer be stimmten Pubertats-Phase träumen Einerseits haben sie Sehnsucht nach einer Frau andererseits haben sie solche Angst vor diesem gefährlichen Wesen daß Sie nie mit einer in Kontakt kommen. Der Junge wird dadurch noch weiter verunsichert und isoliert »


« Rencontre avec Roger Waters pour « Pink Floyd, The Wall » … », Le Monde, 17 July 1982.

Les briques de The Wall ne posent pas tant les bases d'une réflexion qu'elles lancent les signes d'une vie, celle de Roger Waters qui se définit lui-même comme un enfant de la seconde guerre mondiale qui a suivi l'évolution de l'Europe occidentale au rythme de ses espoirs et de ses désillusions. The Wall tente de montrer comment un individu s'isole du monde parce qu'il en a peur. Mais aussi comment les sociétés arrivent à se couper des êtres qui les composent parce qu'aveuglées par la compétition, accaparées par une pression qu'elles ne contrôlent plus, elles ne perçoivent plus ni ne répondent à leurs besoins .

Dans le studio des Who, sur les bords de la Tamise, Pink Floyd commençait le 1er juillet l'enregistrement d'un nouvel album. Rick Wright, l'homme des claviers, était absent, Nick Mason, le batteur, attendait le bon vouloir de Roger Waters, s'adressant à lui presque comme à un patron. Seul David Gilmour, le guitariste, qui compose encore un peu, n'est pas réduit au rôle de simple exécutant dans un groupe, pourquoi ne pas dire une entreprise, qui répond exclusivement aux aspirations de Roger Waters. 

« Oui, je suis intéressé par le pouvoir, dit Roger Waters, en termes de travail. Les choses doivent être faites et il est très difficile de créer à plusieurs. L'idée du groupe démocratique est un leurre qui a fait son temps dans les années 60, mais ça n'a jamais vraiment existé. Au début, Pink Floyd était le groupe de Syd Barrett, aujourd'hui c'est le mien. Ce qui ne veut pas dire que les autres n'ont pas droit à la parole . Pink Floyd a beaucoup changé. A la fin des années 60 nous nous contentions de fabriquer un joli bruit, ce qui était O.K., mais ça devient lassant à la longue. A mesure que l'on vieillit, l'évolution, la maturité, l'expérience permettent de traduire  les sentiments de façon plus concise, plus exacte, on est à même de s'exprimer plus clairement, avec plus de puissance. Non, ce n'est pas l'argent qui me pousse à faire les choses, encore qu'aujourd'hui l'argent est une façon de mesurer le nombre  de personnes que l'on touche. En dépit, mais surtout à cause de son importance, Pink Floyd subit des pressions terribles. L'industrie musicale est un monstre haïssable ».

La gueule d'un loup, le visage long et anguleux, les yeux enfoncés dans des cavités profondes, les cheveux longs, leader du groupe qui vend peut-être le plus de disques dans le monde (son record étant 17 millions d'exemplaires pour « Dark Side of the Moon »),  Roger Waters mène une existence retirée, fuyant les photographes comme la peste: « Çà ne me facilite pas la tâche », explique son attaché de presse, « mais ses arguments sont inattaquables : le premier étant qu'il ne veut pas mourir comme John Lennon, le second qu'il peut marcher tranquillement dans la rue sans être harcelé et vivre normalement sans que sa famille soit inquiétée ».

L'individu est aussi avare de ses interviews : « Toutes mes chansons », dit-il, « tournent autour des relations entre les êtres, haine et amour, homme et femme, la difficulté à communiquer, à trouver sa place dans la société, le besoin de traduire ma vie, mes sentiments, de dire ma frayeur à me montrer au reste du monde... C'est pourquoi j'écris des chansons. Je crois qu'elles expriment mieux ce que j'ai en tête que je ne pourrais le faire devant un journaliste. 

Je ne suis pas un politicien ni un philosophe, je ne tire pas de conclusions. Ce que je dis est terriblement confus, parce que je suis ainsi, à l'image de The Wall, empêtré dans la confusion. Pendant longtemps,  j'ai refusé les entretiens parce que j'avais l'impression de divaguer. Je suis plus confiant aujourd'hui, je m'accepte mieux. Je suis un fou... parfois ».

The Wall est né à l'automne 1977, au terme d'une tournée (la dernière) américaine du Pink Floyd dans des stades de quatre-vingt mille à cent mille personnes. 

« Il fallait que j'exprime mon insatisfaction », explique Roger Waters. « Le comportement du public dans un stade montre à quel point les gens répondent à une idée stéréotypée qu'ils ont d'un concert de rock et non pas à ce qu'un groupe joue réellement sur la scène. Il y a un terrible fossé entre ce que l'on fait et ce qu'ils reçoivent, ça pourrait être n'importe quoi, n'importe qui. Ce genre de concert n'a plus rien à voir avec la musique, l'important est d'être tous dans le même endroit, ce sont des rites religieux, on va voir des divinités. Les gens entretiennent une relation complètement mécanique avec la musique, la même qu'ils entretiennent avec la télévision, par exemple, superficielle, facile, passive. Ça n'apporte rien à personne, ni au groupe, ni au public, excepté de l'argent, qui reste le seul argument de ces concerts gigantesques. Ce qui me parait malsain.

Il est facile pour le rock, où l'attente est si minime, de tomber là-dedans. Le rock est un fabuleux théâtre de manipulation ; je crois qu'en payant 100 francs une place pour apercevoir des musiciens à une distance ridiculement lointaine et entendre approximativement, les gens font un marché de dupe. Quand je joue en public, j'aime que les choses soient totalement sous contrôle, je veux que le son soit très bon, que les gens soient en mesure de voir et d'entendre clairement, ce que les stades  rendent impossible quand les gens hurlent et se lèvent pendant les morceaux, c'est pourquoi nous avons arrêté nos tournées il y a six ans.

En un premier temps, c'est pour la scène que j'ai eu l'idée du mur. Pink Floyd a donné une dizaine de concerts à Londres et à New-York dans des salles de quinze mille personnes. A la fin du premier morceau, le public s'apercevait avec stupeur qu'il était en train d'acclamer un autre groupe, car les vrais musiciens du Pink Floyd entraient en scène pour remplacer les faux, habillés de la même façon. Pendant la première partie du show, le groupe disparaissaient progressivement derrière un mur gigantesque construit sur le devant de la scène.

La seconde partie, avant que le mur ne s'écroule, était interprétée par huit Pink Floyds. En nous coupant totalement du public, ce mur était une très bonne façon de matérialiser le fossé, 

une façon de dire: « Regardez, ce que je joue et ce que vous entendez est différent, nous ne sommes pas là pour les mêmes raisons ». Ils forçaient aussi les gens à écouter. 

C'était un bel effet théâtral mais ça n'était pas suffisant, il fallait autre chose derrière ce mur. Alors je l'ai appréhendé comme un symbole : il me fallait construire une histoire à partir de ce mur qui traduirait ma différence et, par extension, celle des autres ».

Cette histoire transporte les traumatismes de Roger Waters sur fond biographique, presque des clichés tant ils réunissent les thèmes obsessionnels de base. Pink, héros du film, s'abandonne aux souvenirs, prostré devant un téléviseur qui crache la guerre comme un leitmotiv. Souvenirs évoqués par les chansons dont les thèmes posés bout à bout sont les briques qui consolident le  mur : un père disparu sur le front (Ramenez les garçons à la maison), une mère exagérément expressive (Maman va t'inculquer toutes ses peurs), des professeurs tyranniques (Nous n'avons pas besoin d'éducation, laissez les enfants tranquilles) 

« En Angleterre, précise Roger Waters, depuis quelque temps, on est revenu à un système d'éducation empirique, très répressif, avec l'espoir improbable de retourner aux anciennes valeurs - le prestige et la gloire - et de sauver  un pays qui se décompose, sa femme qui le trompe tandis qu'il est en tournée, etc … »

Pendant le tournage de « The Wall », on a pratiqué l'accouchement en douleurs ; pour Alan Parker, « travailler avec Roger Waters est très productif, sans dire que c'est plaisant ». 

« Évidemment que ça ne l'était pas », rétorque le musicien, « j’ai choisi Alan Parker en premier lieu parce qu'il était anglais et qu'il avait le désir de tourner un film sur le rock. J'avais aussi aimé Midnight Express. Je n'ai jamais interféré sur le tournage, mais chaque soir j'assistais aux rushes. Mon coeur saignait, il fallait argumenter pendant des heures pour qu'il adapte mais ne détourne pas mes idées. Alan Parker, c'est la différence entre un sculpteur et un charpentier, c'est un excellent technicien mais ... Néanmoins je suis satisfait du résultat. La réalisation d'un film est totalement différente de celle d'un disque, le timing est plus draconien, on ne peut pas se permettre d'essayer les choses à l'infini, de les abandonner et d'en recommencer d'autres.  Il faut un plan de travail très serré. Alan Parker était très efficace pour cela, c'était un monde nouveau pour moi. Oui, je voulais le film aussi violent mais peut-être pas aussi chargé »

D'après Bob Geldof, le chanteur des Boomtowns Rats, dont ce sont les débuts à l'écran, et qui joue le rôle de Pink : « C’était un combat de tous les jours. Je crois que les deux hommes se haïssaient, mais ce sont des gentlemen. Alan était peu enclin à inclure des dessins animés, il n'était pas très favorable à la collaboration de Gerald Scarfe » (dessinateur politique du Sunday Times et de Time Magazine, Scarfe est le responsable de l'animation superbe du film, qui avait déjà été l'une des composantes du show).  Mais ce sont pourtant ces affrontements perpétuels, cette lutte d'ego entre les trois personnalités, un peu celle qui existe dans un groupe de rock, qui font l'originalité du film, sa diversité. 

« L’une des choses les plus intéressantes avec le rock, c'est qu'on peut faire tomber quelques barrières », dit Roger Waters. « Il est plus facile d'assimiler une chanson qu'un livre, les livres demandent une certaine éducation, les gens lisent souvent parce que, dans leur famille, on lisait. Le rock est immédiatement assimilable. J'ai cherché pendant longtemps le moyen de toucher beaucoup de gens sans être obligé de passer par les stades.

Puisque je ne peux plus exprimer mes sentiments sur la scène, le cinéma est un bon médium pour le faire. Les gens peuvent s'asseoir, voir, entendre de façon optimale, ce qui veut dire, peut-être, comprendre mieux, ne pas se laisser abuser, ne pas se satisfaire seulement d'un mythe ».

RarePinkFloyd • Design by RmF • July 2020