THE FAKE SIDE OF THE FLOYD

L’histoire du groupe est émaillée de nombreuses rumeurs ou autres inventions véhiculées par les fans du groupe ou par la presse.

Apologies (non-crédité/1967) 

Dans un article intitulé « The band who ate asteroids for Breakfast » du magazine « New Musical Express » daté du 18 Mai 1974, le journaliste indique qu'un titre intitulé Apologies a été envisagé pour la face B du single Jugband Blues (qui fut un temps envisagée comme le prochain 45 tours). 

Étant donné qu'il s'agit du seul article qui parle de ce pseudo-inédit, c'est probablement une erreur des journalistes. Cette erreur fut reproduite par Jean-Marie Leduc dans son séminal ouvrage de 1977 « Le livre du Pink Floyd » (à moins qu'il n'en ait été l'auteur ?) mais elle sera corrigée dans le livre de 1987 aux éditions compact.

Astronomy Titania (Barrett/1965) 

Une rumeur laisse entendre qu’une pré-version de Astronomy Dominé serait présente sous ce titre sur la première maquette enregistrée par le groupe en Mai 1965. Mais, selon Peter Jenner l’écriture de ce titre serait postérieure à cette démo.

« Barbarella Soundtrack »

En 1968, David Gilmour est en France et travaille avec Michel Magne (il participe à la bande-son de « À coeur joie » mais également sur la chanson d’Hélène avec Romy Schneider). On aurait pu s’attendre à ce qu’il soit également sur la bande originale de « Barbarella » de Roger Vadim.

Interviewer: « Is it true that before joining the Floyd you contributed to the soundtrack of the '60s sci-fi movie Barbarella? »

David Gilmour: « No, it's not true. »

« MSN LiveChat», 17 Mars 2000.

« Gini's Adverts Soundtrack » (non-crédité/1974) 

Contrairement à une légende (très) tenace, l'engagement publicitaire du Floyd pour Gini ne les a pas amené à écrire une musique pour un spot publicitaire.

Ginger Gilmour:

« Gini booked us into the famous La Mamounia Hotel, which previously had been a historical palace of the Rose City, and then converted into a luxurious hotel.As we entered the lobby of mosaics and carved plaster work, a man was walking away down one of the corridors. He had long hair and was wearing a Hawaiian Shirt. I commented to David that he looked a bit like Mick Jagger. David said whimsically, «That may be because it is Mick Jagger!» (…) He said that David and I should come with him in his car and arranged another taxi for the rest of our party. He suggested that they should follow. Once we entered the club, Jagger danced most of the evening in the center of the crowd, pawed repeatedly (…) When we returned to the hotel, some of the band was in the lobby. They wondered what had happened to us. David just shrugged his shoulders and did a David sheepish smile as we walked away holding hands returning to our room »

« Memoirs of the bright side of the moon », Ginger Gilmour, 2016

Certainement, cela tient à l’association qui a été faite entre la campagne présentant Pink Floyd et celle qui lui a immédiatement suivi avec Carlos Monzon. Les deux thèmes sont proches (une ballade dans le désert), les slogans sont les mêmes (« … un goût étrange venu d’ailleurs »).

Il est vrai que la musique utilisée pour la campagne avec Carlos Manzon est proche d’un titre atmosphérique relativement floydien.

David Gilmour a définitivement confirmé que le groupe n’a pas travaillé sur une quelconque musique

Interviewer: «So you didn't any record music for it ? ».

Gilmour:« No, we didn't record any music for it. It was literally a photographic publicity campaign »

«Interview with David Gilmour », The Amazing Pudding #15, November 2nd 1985.

Red Phone (Cardin, Cliff/1974) 

Une très curieuse compilation française intitulée Rendering « Pink Floyds by the Sixting Music » est sortie en 1974 avec une sélection des titres suivants: Money, One of these Days, Speak to me, Breathe (avec On the run; non crédité), Apples & Oranges, Echoes et If. Entre ces titres, un curieux Red Phone s'est intercalé faisant croire aux fans du groupe à un titre inédit du Floyd. Il n'en est rien, ce morceau n'a rien à voir!

« Barrett’s unreleased album » (Syd Barrett/1974) 

La rumeur d’une version achevée des séances infructueuses de Barrett de 1974  a longtemps circulé. Il s’agit en fait de l’hommage audio de membres de la « Syd Barrett Appreciation Society », un des premiers fan-clubs de Barrett comme le montre cet article du « Sounds » du 30 novembre 1974.

« Spanishgrass » (Syd Barrett/1978) 

Un hoax fomenté par José Angel Gonzalez prétendait q’un bootleger avait pressé à compte d’auteurs (une vingtaine d’exemplaires) un disque contenant des maquettes enregistrées par Syd entre 1976 et 1977 alors qu’il était reclus dans le monastère espagnole de Santa Maria de la Real. Les titres étaient les suivants; Spring; Reverential mourners; Black maid; Plastic gunpowder; Mouse after a fête; Breakwater and tea; Grey tress.; Two bangers + mash; Whining at the moon; Greenland; I am Dhaga; On the other hand; Un poeta esquece os días de chuvia; Saturnalia; William Phips; Stede Bonnet; Gabriel Spenser; Gospel at noon; Waste deep; Frog.

Pawn to King 5 (Gilmour, Wright/1968) 

Le management du groupe fut contacté au mois de mai 1968 par la compagnie Mercury Theatre Trust Ltd. Sous l’impulsion du directeur artistique John Chesworth, la compagnie souhaitait alors monter un ballet en un acte d’une durée de 25 minutes.  Le sujet de cette pièce emmené par la troupe de six danseurs du «Ballet Rambert » portait sur le thème des échecs. Ce numéro, intitulé « Pawn to King Five », faisait partie des quatre séquences présentées en cette fin d’année 1968: « Them and Us », « Judgment of Paris » et « Façade ». 

Pendant des années, les fans du groupe pensèrent que le groupe avait livré à la compagnie une bande originale. Ce fut évoqué pendant des années par les historiens du groupe tels que Vernon Fitch. Malheureusement, il n’en est rien. Le groupe ne composa ni n’enregistra rien spécifiquement à cette époque.

Cette erreur a été formée par la presse généraliste de cette époque . Le «Record Mirror» du 25 janvier 1969 qui indiquait que le groupe avait écrit la musique de ce ballet, semble être le principal fautif de cette légende.

Les journaux spécialisés avaient pourtant indiqué dès 1968 que la compagnie utilisa des morceaux déjà existants issus de l’album «A Saucerful of Secrets». Il restait à connaître les titres exacts: A Saucerful of Secrets, Set the Controls for the Heart of the Sun et Corporal Clegg. 

Le groupe n’a donc jamais envisagé de fournir une bande-son originale (comme initialement prévu pour le ballet de Roland Petit). En dehors d’un accord de principe, l’implication du groupe a donc été nulle. L’accès aux session-sheets de «A Saucerful of secrets» il y a quelques années achèvera de confirmer cette occasion manquée.

Pour être complet, à la même période, le Ballet National des Pays-Bas présenta également un ballet structuré autour de la musique du groupe, mais là on ne sait pas ce qui fut choisi.

Seul le dossier de presse édité pour la sortie du film « Pink Floyd - The Wall » mentionne cette bande-son pour la seule fois officiellement.

What’s the News Mary Jane? (Lennon/1968) 

Ce morceau resté longtemps inédit à été écrit par Lennon et enregistré le 14 Août 1968 avec George Harrison, Yoko Ono et Mal Evans. On a longtemps cru que Barrett avait participé à l’enregistrement. Cela aurait été tout à fait plausible pour plusieurs raisons :

Tout d’abord, les deux leaders du groupe n’ont jamais caché qu’ils appréciaient Pink Floyd (surtout McCartney); ainsi, après avoir assisté à l’happening « 14 Technicolour Dream » (financé par McCartney et supporté par Lennon), les deux chanteurs étaient rentré en studio pour enregistrer un instrumental proche de l’esprit psychédelique du groupe en 1967.

De plus, un échange de «bons procédés» était courant à cette époque entre les différents groupes de la scène londonienne, ainsi Paul & John avait fait les choeurs sur un titre de leurs frères ennemis The Rolling Stones intitulé We Love you. De la même manière, Brian Jones avait joué sur un des titre rare des Beatles nommé You know my Name (look up my Number).
Enfin, à l’époque de l’enregistrement du monumental «Sergent Pepper’s lonely Heart Club Band«, Norman Smith -par ailleurs ancien ingénieur du son des Beatles et à cette époque producteur des Floyd – alla rendre visite à Mc Cartney et Harrison alors en plein travail sur Lovely Rita. Il était pour l’occasion accompagné par les quatre Floyd. Même si l’acceuil réservé à leur ancien ingénieur et par là même au nouveau groupe fut glacial, cela accrédita la rumeur d’une éventuelle collaboration artistique. Finalement, la sortie de
« The Beatles – Anthology (volume 3 )» en 1996 a définitivement démenti la participation de Barrett.


RarePinkFloyd • Design by RmF • July 2020