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UNRELEASED ALBUMS

THE COMMITTEE SOUNDTRACK (1968)

Après l'échec de la tentative de Barrett, le Floyd a donc été obligé de pallier Syd pour ce contrat. Il y a huit pièces de musique assez informelles. Il était hors de question Seul le thème central instrumental (enregistré en version lente et rapide) présente quelque intérêt (on le retrouve sur l’écran final déroulant les crédits du film. A noter qu’une pré-version (voir une ‘’proto-version’’) de Careful with that Axe, Eugène apparaît sur ce projet.

Max Steuer:

« En tout cas, nous étions là avec un film terminé et aucune bande-son. Heureusement, pas très longtemps après cela, Roger Waters m’appela et m’a dit que le Pink Floyd était disponible pour la faire si j’étais intéressé, ce qui était le cas. Travailler avec eux fut une expérience totalement différente. Pour une chose, ils étaient très disciplinés dans l’approche de l’enregistrement et tout était travaillé à l’avance et bien mise en place. J’avais une grande pièce dans mon appartement, et nous avons passé un long moment à mettre les choses en place avant d’enregistrer la version finale dans un grand studio équipé de Londres (sans doute De Lane Leo). Je me souviens très bien de ces répétitions et c’était vraiment assez incroyable parce qu’à 8h30 du matin leur van s’est arrêté devant ma porte et leurs managers ont commencé à décharger leur équipement pour les installer. Cinq minutes plus tard, Roger Waters est arrivé, et cinq minutes après lui le reste du groupe s’est pointé ! A partir de 9h, tout était prêt et nous avons passé les 10 heures suivantes à explorer certaines idées, regardant ce qui marchait et ce qui ne marchait pas, mettant les choses en forme. Ils savaient ce qu’ils allaient jouer, et quand vint le moment d’enregistrer la véritable bande-son, nous avons même projeté le film dans le studio ce qui leur a permis de jouer dessus. Tout sur la bande témoin fut fait en synchronisation avec les parties correspondantes du film, et tout est s’est bien déroulé à la fin ».

Fanzine « Late Night » N°5. 

 

Mason :

« Nous avons fait la musique de « The Committee », un film de Paul Jones. Elle a été bouclée en une matinée et comme ca n’était pas suffisamment convaincant, elle n’a jamais été enregistrée »

« Pink Floyd », Jean-Marie Leduc, 1977. 

​

Max Steuer : 

« We started by working with Syd Barrett. Alas, this was not a viable option. Roger Waters heard about these efforts, and suggested the Floyd could do the job. I am so glad he did. It was absolutely wonderful working with them, and the outcome could not be better ».

Max Steuer Documentary, Committee DVD

THE MAN & THE JOURNEY (1969)

Il n'est pas aisé de placer ce projet dans la trajectoire du groupe. Pour le situer, il faut remonter à l'année 1967. A cette époque, le groupe présente l'épitomé live de la période Barrett: « Games For May ». Ce concert-spectacle fut imaginé par Syd, Rick et Roger comme une pièce de théâtre intégrant des aspects visuels et sonores (en dehors de l'aspect musicale, par l'utilisation de bruitages). Cette idée fit florès dans l'esprit du groupe qui chercha à faire le lien avec la musique concrète et certaines dimensions du living Theater.

Alors en pleine tournée pour promouvoir leur second album, le Floyd demanda aux ingénieurs de EMI de reconstituer un des outils du concert du mois de Mai: l'Azimuth Coordinator. 

Ce système de quadriphonie a la particularité de présenter une double commande faisant tourner le son à 360 degrés autour du spectateur lui procurant une impression immersive inédite pour l’époque. Il n'est pas idiot de penser qu'une fois ce système amélioré en main, le groupe se demanda comment de nouveau l'exploiter pleinement.

En Octobre 1968, Waters, interrogé par le « Melody Maker » semble abonder en ce sens: « (Ce système) suppose du contenu original - cela peut inclure du mélodrame, des choses littérales, des choses musicales ou des lumières ».   

Cette volonté est réaffirmée au début de l'année 1969 lorsque le groupe déclare vouloir réaliser un concert spectacle composé d’un orchestre symphonique et de bruits électroniques. Il n'est pas aisé de placer ce projet dans la trajectoire du groupe. Pour le situer, il faut remonter à l'année 1967.

A cette époque, le groupe présente l'épitomé live de la période Barrett: « Games For May ». Ce concert-spectacle fut imaginé par Syd, Rick et Roger comme une pièce de théâtre intégrant des aspects visuels et sonores (en dehors de l'aspect musicale, par l'utilisation de bruitages).

Cette volonté est réaffirmée au début de l'année 1969 lorsque le groupe déclare vouloir réaliser un concert spectacle composé d’un orchestre symphonique et de bruits électroniques. Certes, le groupe à cette époque avait beaucoup de projets dans ses cartons (un dessin animé, un ballet ... qui courront sur plusieurs années). Néanmoins, la possibilité de marier différents aspects artistiques sur scène reste la priorité de Roger qui dès 1967 avait évoqué la possibilité de relier ces différentes dimensions autour d'une narration simple : le cycle de la vie (ce qui est important pour la suite).

En 1968, on aurait pu croire qu'une fois la tournée automnale terminée, le groupe s'attèlerait à mettre en place les différents éléments de ce futur spectacle. Ce n’est pas aussi simple. En fait, le groupe a préféré se concentrer sur leur prochain album en décidant de rentrer en studio. Mais rien n’indique à ce stade que le groupe cherche à enregistrer le squelette de « The Man ... ».

Sysyphus a bien été enregistré en premier en vue de « Ummagumma » (à partir du 17 Septembre 1968). L’autre morceau travaillé par Rick lors de la séance suivante fut Summer 68’ (sous le nom de One Night Stand). En Novembre 1968, Malcom Jones a également indiqué que le travail studio a commencé sur le titre Embryo (sous le titre provisoire de I'm the Embryo c’est la version prise pour le sampler « Picnic, a breathe of fresh air »). Certes à ce moment, rien ne permet de croire que ces titres n'auraient pas pu figurer dans la suite « The Man ... ». 

Néanmoins, les deux premiers morceaux ne rentrent pas dans la ligne de ce concept. Le dernier titre, portant sur la naissance aurait pu très bien s’intégrer dans une narration centrée sur les cycles de la vie. C’eut été alors une histoire certainement plus ambitieuse que ce qui en a résulté (Un homme pris dans les affres d'une journée lambda) mais on ne peut nier des similitudes.

La confirmation intervient lorsque Wright affirme dans le numéro de Novembre de « Beat International » que le groupe a décidé d'enregistrer un disque où chaque membre présentera une partie solo. Le statut de Embryo reste alors en suspens : s’agit-il de la contribution solo de Waters ou d’une chanson destinée à être jouée en groupe ? On sait que la piste de base a été enregistrée le 26 Novembre 1968 et que les overdubs (la voix notamment) du 1er au 4 Décembre de cette même année.

Le mois suivant, en décembre, le groupe participe à une session BBC où le titre Embryo et une nouvelle composition solo de Gilmour intitulée Baby shuffle in D Major sont jouées. Ce Baby ... est un instrumental utilisée par Gilmour pour la première partie du futur The Narrow Way. La première maquette réalisée par David date en réalité du mois d'Août-Septembre 1968 (il a enregistré cette démo dans son home-studio de son appartement de Old Brompton Road). Celle-ci correspond aux première et deuxième parties du titre. On peut raisonnablement penser que chaque musicien travaille sur sa contribution solo et que ces deux titres en sont deux exemples.

Le 25 Janvier 1969, le « Record Mirror » confirme l'avancement du « Projet Ummagumma » en indiquant que « le prochain album, prévu pour Mars, inclura des participations solos de chaque membre du groupe à parts égales sur le disque ». Cela implique que le groupe a définitivement arrêté le concept de cet album. Il n’est pas ou plus question de créer une suite de morceau pour dessiner le contour de « The Man & the Journey ».

Le journaliste confirme que David Gilmour est toujours en train de travailler pour sa section, mais que Rick Wright a terminé. Selon Gilmour et Wright, Roger Waters est en train de composer « une ou deux chansons à propos de la conception et de la naissance avec une touche de science-fiction ». Dans les faits, Dave a enregistré les deux premières parties sous les noms de Dave's Scene 1st Movement & Dave's Scene 2nd Movement au mois de janvier. C'est la troisième partie qui ne sera enregistrée qu'au mois de Mars (le 6). Pour être complet, Nick a enregistré sa section sous les titres de Nickey's Tune Section 1 et Nickey's Tune section 2 les 24 et 25 Septembre 1968. 

On peut clairement relier la première partie de cette assertion au titre Embryo, qui par ailleurs ne semble toujours pas être finalisé - ce qui correspond à la réaction de Roger lorsqu’il a appris que ce morceau avait été inclus dans le sampler « Picnic, a breath of fresh air » sans son accord considérait qu’il a’était encore qu’une maquette. 

Mais quid de la seconde chanson évoquée par les musiciens ?

Le seul indice donné concerne cette « touche de science-fiction ». On voit mal en quoi cela 

pourrait correspondre à Grantchester Meadows 

Si l'on pense que le groupe enregistre deux mois plus tard les premiers titres pour la

bande-son de « More », on peut éventuellement penser à Cirrus Minor qui possède cette

légère touche de science-fiction. On sait depuis l'émission « Science Session - Let's Make Pop » 

que Waters a écrit la ligne mélodique de ce morceau depuis au moins 1968 (l’émission fut en

effet enregistrée dans les studios d’Abbey Road le 17 Décembre 1968). On peut estimer que

ce titre est un candidat pour ce second titre évoqué par Dave et Rick. 

Dans une séance de huit jours, il n’est pas inenvisageable que le groupe ait mobilisé du matériel

fraîchement composé pour remplir dans un temps réduit ses obligations contractuelles pour

la bande-son de « More ».

Problème: Roger Waters a indiqué dans une interview qu'ils sont rentrés en studio sans

avoir de matériel d'avance (« (...) We didn’t have the material for one song when we started »).

Où en est-on alors de « The Man & The Journey » ? Le 15 février 1969, dans « Disc & Music Echo »,

Nick Mason indique qu'il a terminé ses chansons solos. A la question de savoir s'il s'agira d'un

simple ou double album, voici ce qu'il répond: « J’espère que ce sera le cas ... ce qui pourrait être

vraiment super parce que nous pouvons apporter notre contribution solo

sur un disque, et avoir sur l'autre une face de chansons classiques et une face de matériel

majeur impliquant tout le monde ».

​

Ce qui est a priori clair, au mois de janvier-février, c'est qu'il n'est pas question ici de disque Live.

Nous avons comme projet un album double avec un disque comportant quatre compositions solos

(soit un quart de disque pour chaque membre). Ce sont les faces A & B. Puis, nous avons un second disque avec une face composée de chansons classiques (Face C) et une autre comportant des « morceaux collectifs majeurs » ! (Face D). Selon Vernon Fitch, Le Floyd n'a enregistré que des

démos entre Janvier-Février. 

​

Il n'est pas interdit de penser que le groupe a enregistré certains titres sur la Face C ou D qui ont

finalement été utilisés sur la bande-son de « More ». On peut également supposer que Embryo 

fait partie de la face C ou qu’il est toujours envisagé d’en faire la quote-part solo de Roger.

En effet, si Grantchester Meadows est enregistré le 2 Mai 1969, le spectacle du 17 Avril montre

que le morceau existait déjà avant cette date. 

​

On peut envisager que Embryo fut mis de côté lorsque Roger a envisagé de réaliser un essai de

musique concrète qui fut une décision que l’on peut dater de la fin Mars étant donné ce qu’affirme 

le numéro de « Beats International » d'Avril 1969 : « la contribution de Roger Waters ne tient pas à 

son jeu de basse. En fait, il n'a jamais été aussi proche de la musique électronique au sens il a voulu 

ne pas sorti de ce cadre expérimental ». En lisant les sessions sheets d'Abbey Road, la date d'enregistrement de la piste de base date du 6 Mars. Si l'on peut raisonnablement désigner Several Species ... comme la contribution électronique de Waters et si l'on reprend les propos de Gilmour et Wright ci-dessus qui indique que Roger a écrit deux chansons sur la conception et la naissance, on peut penser que ce titre fut présent sur la face C ou D au départ.

En revanche, il est de prime abord compliqué de mettre Biding my Time sur la face C ou D car les notes de pochettes de la version américaine de « Relics » indique comme date d'enregistrement le 19 Juillet 1969! Si l'on considère que les notes de pochettes sont fiables, cela ne veut pas pour autant dire que le titre n'existait pas préalablement.

En effet, ce morceau est présent dès la première représentation du spectacle en Avril 1969 (et dans sa forme définitive). 

Il est donc possible de penser que le groupe enregistra une première version entre Janvier et Avril puis refit une nouvelle prise au mois de juillet (ce qui est plausible étant donné l'orchestration complexe et inhabituelle du morceau).

Resterait donc une dizaine de titres (si l'on prend en compte le nombre de titres moyen par album à cette époque) qui seraient inédits. Composent-ils pour autant la matrice de « The Man & the Journey » ? Reprenons les titres présents sur ce concept le 14 Avril 1969 (on considèrera comme préversion un morceau enregistré postérieurement à la date du 14 Avril 1969) ...

THE MAN:

Daybreak 

Préversion de Grantchester Meadows: composée a minima entre Mars et Avril 1969 

Work /Tea Break Inédite

Afternoon 

Préversion de Biding My Time

Composé a minima à partir du mois de Mars 1969.

Doing It ! Inédite

Sleeping 

Préversion de Quicksilver.

Selon le programme du festival, ce titre s'appelle Quicksilver, et la première version jouée (le 14 Avril) est très proche de ce qu'à enregistré le groupe pour le film « More » (les versions ultérieures différent). On peut envisager que ce titre était soit prévu pour « Ummagumma » (en face C ou D), soit repiqué de « More ».

Nightmare 

Préversion de Quicksilver

Au minimum composée au mois de Janvier puisqu’enregistrée pour le film en février 1969. Rien n'empêche de penser que ce titre ne fut pas préalablement envisagé comme un morceau des faces C&D.

Daybreak (Reprise) inédite

THE JOURNEY:

The Beginning Préversion de Green is the Colour

Ce titre s'appelle Stephan's Tit sur le programme. Or, des chutes de l'album « More » indique ce titre de travail pour le morceau Green is the Colour. Ce titre est trop circonstancié pour ne pas penser qu'il fut écrit pour le film et repiqué pour le concert concept. Il fut au minimum composée au mois de Janvier puisqu’enregistrée pour le film en février 1969

Beset By Creatures Of The Deep Reprise de Careful With That Axe, Eugène.

Très clairement une resucée de Careful With That Axe, Eugène enregistré dès le 4 Novembre 1968 et développé sur scène dès le mois de Mai (et incidemment entendu sur la bande sonore de « The Committee » au mois de Mai également).

The Narrow Way Préversion de The Narrow Way (part 3)

The Narrow Way est très clairement la contribution solo de David. Il ne peut donc pas provenir des faces C&D. A moins de penser que David a enregistré un autre titre qu'il a finalement enlevé. Étant donné ses difficultés à écrire un morceau en solitaire à cette époque, c'est peu probable.

The Pink Jungle Reprise de Pow R Toc H.

The Labyrinths Of Auximines Reprise d’éléments live

Ce titre est typique de la nature des improvisations du Floyd de cette époque. On peut y reconnaître des éléments centraux de la version live d’Interstellar Overdrive.

Eléments que l’on retrouvera sans des morceaux comme Corrosion ou Moonhead. Ce n’est pas véritablement un inédit même si le groupe le formalisera de plus en plus au fur et à mesure de ses prestations live.

Behold The Temple Of Light Préversion  de The Narrow Way (part 2)  

Ce morceau est une longue digression sur la suite d'accords trouvé par David pour faire le pont entre les parties 2 et 3 de The Narrow Way.

The End Of The Beginning Reprise de A Saucerful Of Secrets, partie Celestial Voices.

Si l’on s’en tient à cette liste considérée comme canonique, on se rend compte qu’il n’y a que trois morceaux réellement inédits (et seulement dans la première suite. Or, ce ne sont pas vraiment des morceaux « straights » comme indiqué par Mason dans son interview:

Work est une séquence de musique concrète, Doing it! une séquence de percussion redondante avec la contribution solo de Mason (qui a avoué avoir du recommencer sa partie ce qui peut induire que le morceau joué sur « The Man ... » constituait la première tentative du batteur) et Daybreak (reprise) est un court moment qui conclu Nightmare. Ils ne sont donc pas véritablement éligibles à la face C. Reste le grand projet de la face D évoqué encore une fois par le batteur qui pourrait porter sur une sorte de « HouseHold Objects » avant l’heure et pour lequel ces morceaux seraient pertinents.

Ce que l’on peut conclure, c’est que soit les morceaux de « The Man & The Journey » ont été enregistrés (ne serait-ce que sous forme de maquette) aux alentours des mois de janvier-février 1969 mais qu’ils ont été dispatchés dans « More » sauf deux: Embryo et Biding my Time. En ce qui concerne les inédits connus, on trouve la trace du titre Biding my Time sous le nom de Roger's Blues enregistré le 25 Mars 1969. Reste un titre intitulé Roger's Tune enregistré le 25 Septembre 1968. Il ne serait pas aberrant que ce titre ait été une prévision de The Embryo (ou plutôt I am the Embryo).

Il apparaît donc que « The Man & the Journey » n’a jamais été considéré comme un album studio. Cela confirmerait les propos de David Gilmour sur ce sujet:

Gilmour : 

(en français) « C’était un truc qui s’appelait « l’homme » tout d’abord et ensuite (…) « la journée ». Je ne me rappelle plus très bien de cela car il y avait des morceaux d’autres disques. On ne pouvait donc par l’enregistrer ».  

« Libre antenne aux Pink Floyd », Europe 1, Mai 1982. 

 

Interviewer: « Pourquoi avoir abandonné le projet ? ».  

Mason : « Parce que je pense que c'était un peu trop avancé, même pour nous. Ça fonctionnait sur scène, mais qu'il n'y avait pas assez de substance pour que des gens l'achètent en disque. On a pensé qu'il était plus cohérent de faire un vrai album, avec un équilibre entre les chansons et les pistes plus free ».  

« Pink Floyd: tout est là, et même plus », Rock&Folk, Novembre 2016.

« AMOUGIES » SOUNDTRACK (1970)

« ZABRISKIE POINT » SOUNDTRACK (1970)

L’existence de bandes complètes, au-delà de la contribution minimale du groupe sur la bande-son, était connu dès 1970.

Antonioni a eut son premier contact avec le groupe lors du concert du 15 Octobre 1966 à la Roundhouse de Londres lors du tournage de « Blow-Up ». Mais Pink Floyd n’apparaît pas comme le premier choix du réalisateur.

​

De façon inhabituelle, le film fut d’abord terminé avant que la question de la bande-son ne fut abordée. Dans l’interview accordé au magazine « Rolling Stone » en 1969, l’Italien alors en plein tournage ne semblait pas avoir d’idées arrêtées sur la question.

Michelangelo Antonioni:

« I don't like music that makes a commentary on the film. Of course, there will be rock music in the film [Zabriskie Point] as heard on the radio or record players. That's just natural. But I don't necessarily want a rock score. That would be too easy, too obvious »

« Antonioni », Rolling Stone, 1 March 1969

Ted Alvy:

« Late Summer 1968, Don Hall went back on the air eight to midnight at KPPC. He was the original all-night man. During that stint at KPPC, he got a phone call from Michelangelo Antonioni, who was starting to put money together for hiring someone to do the music to Zabriskie Point, which he was willing to pay $50,000 for Patti Page’s Tennessee Waltz just to play it in a desert honky-tonk jukebox in the middle of nowhere »

C’est Don Hall, un célèbre DJ de la radio underground KPCC FM (Los Angeles) qui se mit en relation avec le réalisateur italien à l’été 1968. Le réalisateur chargea l’homme de radio de lui trouver des titres capables de souligner les séquences-clés du film.

Les séquences étaient identifiées de la façon suivante:

​

  • Beginning: Correspond à l’introduction lors des échanges des étudiants à l’université.
  • Flight Sequence/Take Off: Correspond à la fuite en avion
  • Love Scene: La scène d’amour entre les deux principaux protagonistes.
  • Desert Scene/Violent Sequence: scènes principales dans le désert (notamment celle du jukebox).
  • Daria’s Driving Theme: le voyage en ville.
  • Explosions: L’explosion de la villa

Un article du Melody Maker du 15 Novembre 1975 

évoquait déjà l’existence de ces bandes

Le DJ californien fait alors un certain nombre de propositions conformément aux voeux du réalisateur tels que des titres comme Dark Star, Sugar Babe ou Tennessee Waltz (pour la scène du jukebox). Après quelques propositions, Antonioni désire finalement obtenir des chansons originales de la part des groupes majeurs de la scène américaine et anglaise. Don Hall pense d’abord à Procol Harum (notamment pour les scènes de désert). Grateful Dead, The Doors sont d’abord contactés. 

En dépit d’une rencontre avec les Doors en studio, le réalisateur rejette L’America. De même, John Fahey est finalement écarté de l’écriture de la musique accompagnant la Love Scene.

Le groupe Kaleidoscope (amis avec Don Halle) et Grateful Dead sont impliqués dans le projet.

Don Hall:

« « Michelangelo liked The Grateful Dead, and I had a friend who lived across the street from Jerry at the time," Don Hall recalls. "He talked to him about the movie and we got together. It was almost done as an afterthought »

Au mois d’Octobre, Don Hall (nommé officiellement directeur musical du projet par les studios MGM) et Michelangelo Antonioni se retrouvent à Rome à la recherche d’une musique capable de coller avec le propos du film.

Don Hall:

« There was no idea, when we were doing the film, that a rock soundtrack meant everything had to be hard, intense, electric music who was officially hired by MGM as an A&R executive and I was trying to do a soundtrack using the many different types of music that were being played on FM radio at the time »

C’est l’amie et la collaboratrice du réalisateur, Clare Peploe, qui leur apporte le nouvel album du Floyd, « Ummagumma », directement de Londres. 

Antonioni aima tourt de suite l’album et particulièrement Careful with that Axe, Eugène qu’il considéra tout de suite comme idéal pour la scène finale (Explosions). Les deux hommes contactèrent donc Pink Floyd.

Waters:

« We could have finished the whole thing in about five days ...But Antonioni ... would listen and go -- and I remember he had this terrible twitch « Eet's very beautiful, but eet's too sad » or « Eet's too stroong ». It was always something that stopped it being perfect. You'd change whatever was wrong and he'd still be unhappy. It was hell, sheer hell »

« A Saucerful of Secrets - A Pink Floyd Odyssey », Nicolas Schaeffner, 1991

Début Novembre 1969, Steve O'Rourke rencontra le réalisateur à Rome pour mettre au point les aspects commerciaux de la collaboration. Le groupe, accompagné de Pete Watts and Alan Stiles, les rejoints à Rome le 15 Novembre (impliquant l’annulation de nombreuses dates de concert). Après visionnage du film par le groupe, pourtant partiellement scoré, Roger Waters et Steve demandent à réaliser la musique de la totalité des scènes du film, ce que Antonioni accepte. 

Le groupe commence à travailler notamment sur la séquence Love Scene dès le 16 novembre aux International Studios de Rome. Le floyd propose pas moins de six approches différentes (allant d’un morceau de piano classique, à un blues en passant par une pièces atmosphériques proche de ce que Brian Eno proposera des années plus tard). Le réalisateur qui ne cesse de rejeter ces propositions.

Les relations houleuses entre Antonioni et le groupe ne sont pas spécifiques (John Fahey gardant un souvenir très amer de cette expérience) et rappelle la phrase de Giovanni Fusco qui a collaboré avec le réalisateur sur « Il Grido », « L’Avventura » ou encore « Il Deserto Rosso » : « The first rule for any musician who intends to collaborate with Antonioni is to forget that he is a musician »

De fait, le groupe accuse du retard et ne peut pas travailler sur les autres séquences à l’exception de la section Flight Sequence et Riot SceneIViolent Sequence qui fournira la base du futur Us & Them. Une fois de retour à Londres, Le Floyd continue de travailler sur les séquences suivantes: Desert Sequence qui aboutira au Country Song, à la partie Daria’s Driving Theme, Beginning qui s’avéra n’être qu’un collage sonore Heart Beat, Pig Meat avant de revenir sur les séquences déjà travaillées.

Les informations rassemblées par Wromanus et Glenn Povey permettent de retracer de manière incomplète les séances d’enregistrement de la manière suivante (en gras les prises définitives):

HOUSEHOLD OBJECTS (1973)

LE projet majeur du Floyd. En tout cas, celui auquel le groupe fut le plus longtemps attaché; et le plus fantasmé par les fans. Le groupe, au sortir du titanesque succès de « The Dark Side of the Moon » se retrouve paradoxalement sur le flanc ! 

Pour la première fois, les membres du groupe ne sont pas en possession de matériel suffisant pour accoucher d'un successeur de leur album phare. Alors que dans leurs tendres années, le Floyd développait sans cesse de nouveaux morceaux notamment en s'appuyant sur leurs performances scéniques, le groupe s'est entièrement consacré (depuis deux ans au moins) à « The Dark Side of the Moon ». Ne supportant plus leur ancien répertoire et par conséquent les titres inédits développés à cette époque, les musiciens se retrouvent en studio sans aucun projet commun. Le projet a été porté par Waters qui a toujours été intéressé par l'utilisation de sons différents du rock.

Gilmour:

« Strategically, our best thing to do next would be something weird, far out that nobody could possibly understand ».

« A Pre-Season report on Pink Floyd », Sounds, August 17th 1974.

 

Mason:

« There are things like sixteen tracks of glasses tuned to a scale across the 16-track: it can be played across the faders, but what it really needs is each one going through a VCS3 or something, and then coming in to a keyboard. I suppose really it's a very, very, very, very crude Mellotron. There's a whole load of things we've done --some of them just down as sounds that work, others as bass lines, tunes ».

« A Pre-Season report on Pink Floyd », Sounds, August 17th 1974.

 

Nick Sedgewick:

« I remember I went to E.M.I. studios in the winter of '74, and the band were recording stuff with bottles and rubber bands ... ».

« Interview w/. Roger Waters », October 1975.

 

Mason:

« No, we haven't made a new record because « Dark Side » is still selling a lot, so EMI isn't pressing for a new product. Finally we have worked with care, stopping ourselves on some things and excluding some pieces, which we would record if we were under pressure ».

« Article on Pink Floyd », Ciao 2001, May 25th 1975.

 

Interviewer: « What were the Household Objects sessions like ? »

Alan Parson: « I figure it was a great shame that they didn't go on with to because it had the makings of becoming a tremendous album. At the time we were doing it, four or five months after Dark Side, it was literally all experimentation. While we were recording the rubber band, for example, we were encountering some problems in that, when you record it, you're dealing with a fixed-pitch. We discovered, almost by accident, thefts way of getting the rubber band right was to sort of prop it uo on matchsticks on a table. Then we found it you put your finger in-between, it would change pitch, of course. And then you found you got an even better sound by sticking matchsticks in the middle, which was the re-discovery of the fret. The mic was literally about 1/8 inch away from the rubber band. The rubber band was about a foot long to get a low note. Eventually, we ended up with a riff that had been played, with this rubber band, made a tape-loop of that, and dubbed on a sweeping-up brush banged on a floor as a high hat. Amazing hi hat sound. Really quite authentic (...) The snare drum was done with aerosol spray, shhh-shhh-shhh, but you couldn't get it short enough by pressing it, si i had to record a long spray and then cut it to 1/2 inch lengths of tape between white leader into a loop to sh-sh-sh. It was a really good snare drum sound »

« Interview w/. Alan Parson », Recording Engineer/Producer, October 1976.

 

Alan Parson: 

« We made the bass loop, then i dubbed on the brush, then each individual beat of the snare had to be dubbed in after that, and then another loop was made on the 24-track. SO it went, click track on the 24-track, then the brush, then a couple beats of the snare individually keyed-in, then a bass drum which was just footsteps on the floor using a lot of EQ »

« Interview w/. Alan Parson », Recording Engineer/Producer, October 1976.

 

Interviewer: « How much material did you end up with ? »

Alan Parson: « Very little. A lot of it was also compelling tapes of wine glasses vary-speeded at different pitches so you could make up different chords by combining different tracks on the 24-track (...) It was a matter of scraping your finger on the edge and then vary-speeding it from a loop. In order to make the edit not jump in a loop, you have to make a very long cut. The splice would have to be about 2 1/2 inches »

« Interview w/. Alan Parson », Recording Engineer/Producer, October 1976.

 

Interviewer: « What else was used ? »

Alan Parson: « Blowing into bottles (...) It's sort of like an organ if you have lots of them and use VSO. We also had electric razor and egg slicer, using the wires for plucking »

Interviewer: « Did any of these recordings turn into a song ? »

Alan Parson: « They kind of tries, but there were never vocals of it. Oh, another thing was footsteps. We overdubbed footsteps to simulate footsteps. Rick was holding the mic by his feet while we walked around the studio. Each group member tried it, and it turned out that Rick had the most suitable shoes. But it really is a shame that album didn't surface. It could have benne really something »

Interviewer: « How much came out of the sessions ? »

Alan Parson: « Well, that's the thing. We ended with virtually zero. And it's a shame because there was a lot of time spent on it, but to do that, some of it became very tedious. We probably spent in excess of a week doing it, and the majority of that was spent VSOing. Later the Floyd wanted me to set up their studio and continue to go on the road. I had done three American tours with them ans it was they that brought me to America » 

« Interview w/. Alan Parson », Recording Engineer/Producer, October 1976.

 

Gilmour:

« We actually did get something out of it that we used on « Wish You Were Here ». We did actually use some of the « Household Objects » - the wine glasses were in some of the music at the beginning of the « Wish You Were Here » album ».

« 90 Years of EMI Radio Special », hosted by Klef Richard, November 26th 1988.

 

Nick Sedgewick: « I remember I went to E.M.I. studios in the winter of ‘74, and the band were recording stuff with bottles and rubber bands… the period I’m talking about is the before your French tour in June ‘74 »

Waters:  « Ah! Right, yeah. Answer starts here… (great intake of breath)... Well, Nick… there was an abortive attempt to make an album not using any musical instruments. It seemed like a good idea at the time, but it didn’t come together. Probably because we needed to stop for a bit ».

Nick Sedgewick: « Why ? »

Waters: « Oh, just tired and bored … »

« A Rambling Conversation with Roger Waters Concerning All This and That », Wish you were here Songbook, 1975.

 

Mason:

« Almost everything we’ve ever recorded in a studio has been extracted by someone at some point and subsequently bootlegged. However, no such recordings exist of the « Household Objects » tapes for the simple reason that we never managed to produce any actual music. All the time we devoted to the project was spent exploring the non-musical sounds, and the most we ever achieved was a small number of tentative rhythm tracks »

« Inside Out: A Personal History of Pink Floyd », Nick Mason, 2005.

 

Wright:

« I think it was Roger who said, « let’s make an album without using any of our instruments, but (using) household objects. So we’d spend days getting a pencil and a rubber band till it sounded like a bass… spend weeks and weeks doing this. Nick would find old sauce pans and stuff, and then deaden them to try and make them sound exactly like a snare drum. I remember sitting down with Roger and saying, « Roger, this is insane! » ».

«Which One’s Pink ? », BBC TV, 2007.

Le premier titre développé le fut pendant les séances d'enregistrement de « Meddle »Knozzee/Nozzee, le 11 septembre 1971, ce fut certainement le titre le plus travaillé par le groupe. 

L'autre titre fut Bottles qui sortira sous le titre Glass Wine sur la version « Immersion » de « The Dark Side of the Moon » et que l'on entendra au début de Shine on you Crazy Diamond (part 1). Quand le Floyd repris le projet après « The Dark Side of the Moon », il enregistra le 8 Octobre 1973 Nick Having a Smashing Time, Pop Goes the Weasel le lendemain puis le curieux Papa was a rolling Floyd le 10. Enfin le morceau The Hard Way requière plus de 10 prises au cours de l'année 1973.

Il apparaît que le disque complet aurait dû présenter les morceaux suivants (grâce au travail de Wromanus): 

​

  • Heart Beat, Pig Meat - 3:11
  • Fingal's Cave - 1:51
  • Crumbling Land - 5:55
  • Alan's Blues - 5:42
  • Oenone - 6:26
  • Rain in the Country - 6:52
  • Country Song - 4:36
  • Come in Number 51, Your Time Is Up - 5:01 / Explosions

Gilmour:

« We did the whole soundtrack. He only used three pieces. He didn't like the rest of the stuff. He was afraid of Pink Floyd becoming part of the film, rather than it staying entirely Antonini. So we were quite upset when he used all these other things. I mean if he had used things which we found better...there were only two pieces of music in the film that we did, really, and the other piece of music we did, was like, any other group could have done, really. A direct imitation really of Byrds, Crosby, Still and Nash, or something. »

« A Pink Think with the Floyd », University of Regina Carillon, October 1970

Waters:

« I’ve always felt that the differentiation between a sound effect and music is all a load of shit. Whether you make a sound on a guitar or a water tap is irrelevant »

« Speak to Me », ZigZag Magazine #32, 1973.

​

Mason:

« (...) « The Household Objects » album would have been the wittiest thing to do next, and it would have been if we could have knocked it out. But I think what we'll do is what we've always done in the past, which is to struggle away at whatever we've got and see how it comes out ».

« A Pre-Season report on Pink Floyd », Sounds, 17 August 1974.

DUNE SOUNDTRACK (1976)

Un film tiré du roman de Frank Herbert fut prévu dès que Pink Floyd en acheta les droits d’exploitation. Néanmoins, le groupe laissa cette idée en gestation et finalement libéra ses droits au début des années 70. Le réalisateur Alexandro Jodorowsky s'empara du roman et demanda à Michel Seydoux, célèbre producteur parisien, de le financer. Un casting international se met en place : Orson Welles, Alain Delon, Mick Jagger, Salvador Dali ...

Coté musique, Virgin Records propose un certain nombre de groupes de son écurie, le jeune Mike Oldfield, Gong, Tangerine Dream, Henry Cow.

Mais le réalisateur veut Pink Floyd ! Roger Waters, qui était fan de son western « El Topo », accepta d’en discuter avec le cinéaste.

Selon le réalisateur, le groupe en train de déjeuner a reçu fraîchement un Jodorowsky très fébrile concernant ce projet pharaonique, l'entretien tourna court et le réalisateur chilien parti avec pertes et fracas. Gilmour couru pour le rattraper par la manche et le ramener à la raison. Cette version est néanmoins démentie par Mason.

Jodorowsky : 

« We wouldn't treat someone we admired in such a cavalier fashion »

« The Greatest Albums you'll never hear », Bruno Mac Donald, 2013.

 

Brian Humphries (sound engineer) 

« It's just at the talking stages at present. Jodorowsky's next film will be « Dune », and he came to London to meet and hear the band in the studio. If we do it, it will mean at least a month in the Sahara with a mobile unit, because that's where Jodorowsky is shooting the film. He wants to film to the Floyd's music, so we'll be marooned for a while doing that, but it is an exciting challenge »

« Pink Floyd: more gritty, less giddy », Circus magazine, September 1975.

 

Alejandro Jodorowky

« (...) They happily agreed to meet us in London at Abbey Road Studios where the Beatles had recorded their success. Jean-Paul Gibon was very pleasantly surprised that the group would see us. At that time, I had already almost lost my individual consciousness. I was the instrument of my sacred, miraculous work where everything could happen. Dune wasn't at my service, I was like the samurai that I had found, at the service of the work. They were in the middle of recording Dark Side of the Moon. Upon arriving, I didn't see a group of musicians in the middle of making their masterpiece, but four young guys eating fried steaks. Jean-Paul and I, standing in front of them, had to wait for their voraciousness be to satisfied. In the name of Dune I was taken by an anger and I left slamming the door. I wanted some artists who knew how to respect a work of such importance for human consciousness. I think that they didn't expect that. Surprised, David Gilmour ran behind us giving excuses  and made us attend the final mixing of their record. What ecstasy... After, we attended their last public concert where thousands of fanatics cheered. They wanted to see The Holy Mountain. They watched it in Canada. They decided to participate in the film by producing a double album which was going to be called Dune. They came to Paris to discuss the financial part and after an intense discussion, we came to an agreement. Pink Floyd would do almost all the music of the film »

 

Interviewer: « Vous allez tourner un film, du moins vous allez faire la musique d’un film d’Alejandro Jodorowky qui va s’appeler « Dune », et vous avez prévu pratiquement un an de composition et un an d’enregistrement … on parle d’un space-opéra, d’un budget énorme. Qu’est-ce que cela sera ? Est-ce que cela sera véritablement encore une fois une étape un petit peu grandiloquente de Pink Floyd ? »

Waters: « En fait, c’est pas du temps que nous consacrons à le faire, nous n’avons simplement pas autre chose à faire. Nous n’avons pas mis de côté un an pour cette composition, nous n’avons pas autre chose à faire. Depuis la fin de juillet jusqu'à Noel de toute façon nous n’avions de toute façon aucun projet rien du tout … nous allions nous séparer »

Interviewer: «  « En fait, vous avez le sentiment de ne pas vraiment choisir ce que vous devez faire ? C’est grave ce que vous dites là »

Waters: « Non c’est que « Dune » est un roman que nous avons tous lus et que nous avons beaucoup appréciés et aimé. De plus nous avons également beaucoup aimé le film qui en a été tiré et en fait il y a environ un an nous pensions acheter les droits de ce film qui allait en fait de droite à gauche dans le show-business depuis 5 ou 6 ans. Et lorsque Philippe (NDR : Constantin) nous a appelé et a dit que Jodo aller être producteur de ce film et est-ce que cela nous intéresserait,  nous avons dit oui. Et puisque que c’est lui qui va diriger le film nous sommes intéressés »

« Tout peut arriver », Europe 1, 1st September 1975.

 

Mason :

« Il y eut même un moment où nous avions décidé de prendre une année de liberté et de faire des choses chacun de  notre côté parce que nous nous ennuyions vraiment entre nous. Et puis, comme toujours, il est arrivé quelque chose que nous avions tous envie de faire. C’était en l’occurrence pour la musique de « Dune ». Le projet ne risque pas de se réaliser maintenant, mais sur le moment, nous nous y sommes tous mis, préférant faire cela ensemble plutôt que des albums solos ».

« Your Mother didn’t like this », Capital Radio, December 1976.

Moébius fut engagé pour réaliser un story board et H.R Giger ainsi que Dan O'Bannon (concepteurs du futur « Alien »). Au regard de ce matériel, le Floyd s’engagea donc pour livrer un double album avec le groupe Magma en appui sur certaines scènes. Néanmoins le coût de production (30 millions de Dollars de l'époque, soit 130 millions en 2013) obligea les français à demander une co-production avec un studio américain. Aucun studio ne voulait parier sur un film de Science-Fiction à cette époque (c'était avant la déferlante « Star Wars»).

Jodorowsky

« J'ai eu la chance, grâce à mon film « El Topo », d'être connu par ces musiciens. Ils ont bien daigné nous recevoir à Londres aux studios Abbey Road où les Beatles avaient enregistré leur succès. Je voulais des artistes qui sachent respecter une œuvre d'une telle importance pour la conscience humaine ». 

« Jodorowsky's Dune », Documentaire, 2013.

SPARE BRICKS (1982)

Projet de bande-originale du film « Pink Floyd The Wall » engagé en 1982 puis abandonné devant le manque d’intérêt de la chose (Waters a notamment trouvé que certains titres tels que Mother était trop ennuyeux à l’écoute). Le bassiste décida à un moment donné de ne conserver que les morceaux les plus intéressants et d’y accoler quelques inédits laissés de côté tels que You possible Past, Teach (futur One of the few) ou Teacher, teacher (The Hero’s return). Mais le musicien décida de plonger dans la composition d’un nouvel album intitulé « The Final Cut ». Jusqu’en Juillet-Août 1982, le nom de travail de la bande-originale s’appellera « The final Cut »

Un article du 24 Juillet 1982 dans le « NME »

Un article de Août 1982 dans « Billboard »

Fin Août 1982 dans « Melody Maker »

THE PROS AND CONS OF HITCH-HIKING (1984)

Le groupe au moment du projet « The Wall » enregistre également plusieurs pièces pour la seconde maquette de Roger intitulée « The Pros and Cons ». 

C'est d'ailleurs Gilmour qui développa le riff bluesy de l’intro de The Pros and Cons of Hitch-Hiking.

THE BIG SPLIFF (1995)

Néanmoins, Gilmour se serait opposé à ce projet même s’il repris quelques bouts dans la bande-son du documentaire « Color of Infinity ». Quant à Wright, il repris certaines compositions pour son album solo « Broken China », dont le futur titre BreakThrough que le guitariste appréciait particulièrement et qu’il regrettera plus tard de n’avoir pas pu l’inclure dans le dernier album des Floyd (il l'ajoutera à ses tournées solo en compagnie du pianiste). Il est à noter qu’une partie de ces morceaux sont sortis il y a quelque temps sur le bootleg « 1987-94 - Late Floyd Outtakes ». Contrairement à ce qu'ont cru les fans du groupe pendant un moment, cette bande ne constitue pas le noyau de l'ultime album du groupe « The Endless River » sorti en 2014.

Nick Mason, dans son livre a dévoilé l’information selon laquelle le Pink Floyd aurait pu sortir un album composé des différents jams et effets électroniques issus des séances d’enregistrement de « The Division Bell ». Le processus de composition initié en 1993 avait en effet amené les trois membres ont jamé pendant des semaines afin d’écrire un maximum de musique. Selon David, le groupe se serait trouvé en présence d’une soixantaine de morceaux inachevés.

Andy Jackson:

« It was just a mash-up of some of the psychedelic noodling from the Division Bell jams (…) It could have happened if there had been more time. But there was a time limit, a tour was booked. And work expands to fill the available time. We just got the album done. It never got thought about again, really »

« Coming back to Life », Uncut, October 2014.

Les pochettes d’albums sont fictives et ne sont là que pour illustration. Elles sont largement inspirées de travaux rares ou inédits de Hipgnosis, StormStudios ou de Storm Thorgerson.

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